3 juillet 2008

À la découverte du Cambodge

Phnom Penh
Capitale du Cambodge, Phnom Penh est plus développée que Katmandou mais c’est loin d’avoir atteint le niveau de Bangkok. C’est fou de voir une telle différence entre ces deux pays voisins. On y a tout de même passé un bon moment : nous avons constaté avec plaisir que la conduite était à droite, mais avec un peu plus d’angoisse que la signalisation routière était plus une suggestion pour touriste qu’une réalité. C’est avec aucun scrupule que les gens roulent à contre-sens, ou continue tout droit si le feu est rouge… Nous avons tout de même loué une moto (semi-automatique, on rit plus) pour sortir de la ville et aller voir la campagne environnante. C’était folklorique comme ride, ça faisait presque moins peur de conduire comme eux que d’essayer de respecter la signalisation. Jean-Philippe a surnommé la conduite (à une intersection) de « balls system » : c’est celui qui a les couilles qui passe (quand c’est une moto, ils s’y mettent à 3 ou 4 pour avoir un peu plus de poids!) Heureusement, les cambodgiens conduisent lentement (très lentement même), donc il y a très peu d’accidents. On se sent presque mal car en tant que bon occidentaux, on « clanche » un peu la moto.

Nous sommes bien sur allés voir les sites dédiés au génocide cambodgien. Parmi ceux-ci se trouvait la prison S-21, centre principal d’interrogatoire et de torture des Khmers Rouges. Je vous passe les détails, mais on n’a pas sourit souvent dans cette avant midi. Nous sommes également allés voir les « Killing fields ». J’imagine que vous avez compris avec le titre, ces champs étaient des centres d’extermination à peine à 15 km du centre ville de Phnom Penh. Ces champs contiennent environ 10 000 cadavres dans différentes fausses, certaines encore non ouvertes. Je vous épargne encore les détails, mais en gros, l’information n’est pas belle à lire.
Sur une note un peu plus joyeuse, nous avons fait l’expérience de la saison des pluies, quand une soirée, nous sommes restés coincés sous un auvent pendant 45min. Il a plus comme vache qui pisse sans s’arrêter, à tel point qu’il y avait de l’eau jusqu’à hauteur du trottoir et plus à certains endroits. Ca n’avait pas l’air d’inquiéter les gens qui continuaient à rouler de peine et de misère parfois. Finalement on a pris un tuk-tuk (moto avec une remorque passager derrière) pour aller manger parce que ça ne voulait pas s’arrêter! Malheureusement pour nous, notre chauffeur ne parlait pas anglais et il est passé sans s’arrêter à côté du restaurant où on voulait aller. Et pourtant son collègue nous avait affirmé qu’il savait où c’était! Il a fallu lui faire comprendre avec des signes et le mot stop où on voulait aller. C’était cocasse comme soirée :-).


Kampot

Une petite ville à 160km au sud de Phnom Penh. On y accède facilement en bus, il faut juste compter 4h30 de voyage (plus 30 minutes de pause pour faire pipi parce qu’il n’y a pas de toilettes dans le bus) et une route un peu chaotique… Arrivés à Kampot, nous avons été déçus d’apprendre que la seule activité touristique locale était fermée. Et dire que nous étions venus ici presqu’exclusivement pour ça!! Rassurez-vous, on a quand même trouvé de quoi s’occuper, grâce à notre ami la moto putput! Après le désordre de Phnom Penh, le peu de véhicule ici et la vitesse très lente de ces même véhicules, Jean-Philippe se sentait très à l’aise. On a ainsi pu aller se baigner dans un court d’eau près de la ville. Et comme toutes les Cambodgiennes, je me suis baignée toute habillée!! Ça fait étrange quand même… On a aussi cherché des plantations de poivre, supposément facile à trouver (sur la route principale avec une pancarte pour dire que c’est là). On ne les a jamais trouvées, mais à la place on a vu les anciennes maisons coloniales françaises en ruine dans la ville de Kep. Pendant l’occupation du Cambodge par le Vietnam, les cambodgiens, pour avoir à manger, ont démonté les maisons pour en vendre les matériaux. Le résultat aujourd’hui fait assez ville fantôme, mais on arrive aisément à imaginer l’ampleur de la ville en 1950 avant que les Français quittent. Ça devait être très « Côte d’Azur ». Pour ce qui est de la visite des plantations de poivre, on a croisé une Australienne à Siem Reap qui nous a dit que c’était juste un carré de terre d’où on peut voir des arbres!! On a rien manqué, héhé.

Siem Reap ou les temples d’Angkor

Siem Reap est la ville la plus touristique du Cambodge parce que les temples d’Angkor sont juste à côté. On a fait comme tout le monde, nous sommes allés les voir. Trois jours de temples, matin, midi et soir, dont deux jours à bicyclette sous un gros soleil avec 35deg!! A la fin on n’en pouvait plus! Mais qu’est-ce que c’était beau! Il y a bien une cinquantaine de temple réparti un peu partout dans un rayon de 30km autour de Siem Reap. Le fait d’en faire une grosse partie à bicyclette était très agréable et les enfants sur le bord du chemin avaient le temps de nous dire « Hello! » ou de rire de nous (parce que des blancs à bicyclette il n’y en a pas beaucoup). Mais ça ne nous a pas empêchés de nous faire attaquer par des armées d’enfants en entrant et en sortant des temples. C’est comme les abeilles avec le miel, ça nous tournait autour inlassablement en nous demandant « Do you want this, that… 1$, only 1$, please buy this, only 1$ » Sans compter les vendeurs de boissons qui restaient sous leur auvent et criaient « Sir, Lady do you want cold drink? May be when you come back ok, buy from me Sir, I remember you » Et effectivement ils se souvenaient de nous quand on sortait des temples, incroyable! A part ce petit passage, les temples méritent vraiment le détour. Nous avons d’ailleurs visité Angkor Wat deux fois, parce que la première fois nous avons été interrompus par la pluie! Nous étions au milieu de la grande allée du temple quand une averse tropicale à déchirer le ciel. En 30 secondes on était trempé à essorer. On s’est dit que mouiller pour mouiller, on pouvait bien rentrer directement sans attendre la fin de l’averse. On a donc bravement enfourché nos vélos et nous avons pédalé les 6km qui nous séparaient de notre hôtel avec entrain. La pluie était tellement chaude que c’était agréable de faire un peu d’exercice!

Histoire de ne pas faire que des temples à Siem Reap, nous avons fait une demi-journée de cours de cuisine khmer. Pour commencer, nous avons fait un tour de marché, où on nous a mentionné le nom de tout plein de fruits exotiques. On a aussi pu constater que les étales de boucher et poissonnier ne passeraient pas les normes sanitaires de chez nous : les gens assis en tailleur sur un étale en bois en train de découper la viande ou le poisson à la machette sur une planche de bois posé devant eux, le tout dans un bon 35 degrés. Je suppose que c’est ça qu’on a dans nos assiettes au restaurant, mais je me rassure en me disant que c’est cuit et bien cuit!! Autres spécialités cambodgiennes : les criquets fris ou encore les lentes (œufs) de fourmis à mélanger avec de la soupe ou du riz…
Bon je disais donc, on a pris des cours de cuisine. Après le marché, nous sommes partis en cuisine pour préparer les deux plats que nous avions choisis. Jean-Philippe avait choisi une entrée à base de porc et ananas et un plat fait de poulet et de noix de cajou. De mon côté, c’était soupe à la citrouille (je n’aurai jamais pensé qu’on pouvait trouver ça dans ces pays!) et une spécialité khmer au poisson et lait de coco. Pendant environ une heure, nous avons coupé la viande et les légumes, fait revenir, laissé mijoter et servi avec une belle présentation. Jean-Philippe a préparé ses deux plats avec brio et c’était d’ailleurs très bon. Après la cuisine, on a eu droit de manger nos préparations… Il y en avait tellement que nous avons sauté le repas du soir! Enfin, je suis bien contente car marmiton est devenu chef cuisinier, je ne serai plus toute seule à faire à manger en rentrant (héhé!!).

Finalement parce qu’au Cambodge il est extrêmement facile de donner des sous pour des bonnes causes, nous sommes allés dans un orphelinat pour être professeur d’anglais d’un jour. L’orphelinat consiste en 2 barques mi-béton, mi-bois pour les dortoirs, fille / garçons qui servent aussi de salle à manger car le bâtiment cuisine est en construction et d’un autre bâtiment qui sert de classe. Il y a 20 enfants, de 8 à 16 ans, à qui on apprend l’anglais de 1 à 2h par jour. Jean-Philippe et moi avons mis la main à la pate deux jours de suite. Nous avons trouvé tous les deux que c’est difficile d’apprendre une langue à quelqu’un quand on ne connait pas un mot de la sienne. On était content pareil de l’avoir fait, les enfants sont formidables et très câlins. En deux jours, nous avons explosé nos recharges de dose d’amour, de sourires et de rires.

Et nous voici de nouveau en Thaïlande pour quelques jours avant la suite de nos aventures en Australie. Le trajet de retour entre Siem Reap et Bangkok n’a pas été de tout repos. Nous sommes partis de l’hôtel vers 7h30 pour arriver à l’hôtel à Bangkok à 20h!! La cause principale de cette durée est la qualité de la route entre Siem Reap et la frontière. Nous avons mis 5h pour faire 160km… (l’enfer!) Cette route nous a emmenés littéralement au tiers monde, soit la ville frontière de Poi Pet. Cette ville ne possède qu’une seule route qui est toujours en terre battue/bouette malgré le nombre impressionnant de véhicules y circulant. Il semble que cette route soit demeuré telle quelle à cause de certains montant d’argent donné par une compagnie aérienne X à un parti politique X. Mais ce n’est malheureusement pas juste la rue de la ville qui est comme ça, c’est 90% de la route entre Poi Pet et Siem Reap!! D’où un interminable trajet dans notre bus tout-terrain (sans blague).

12 commentaires:

Anonyme a dit…

Z'êtes vraiment des veinards ! Ca a l'air top votre voyage. Ca donne des idées. Plein de bisous de provence. Et continuez d'en profiter.
Greg & Ju

Anonyme a dit…

Salut Vous Deux,

Décidemment, que d'aventures passionnantes! C'est incroyable! Continuez à profiter de votre si beau voyage, on vous envie!
A+

Aurèle a dit…

Hello, vous deux.
je suis vos aventures avec assiduité. Continuez à profiter comme vous le faites, ça donne envie d'aller s'évader...
Biz

Aurèle

Anonyme a dit…

A défaut de partir comme vous par le chemin... des aventuriers !, Teiki, Yamina et moi nous préparons à prendre l'envol pour Tahiti jeudi prochain 10 juillet. Nous vous y accueillerons le 3 juillet au soir, juste avant notre départ quelques heures plus tard ! Vous êtes aussi attendus en Nouvelle-Zélande par Hina, une cousine germaine de Teiki... Bisous à tous deux et bonne continuation de ce beau voyage.

Anonyme a dit…

Vous avez bien sûr rectifié : nous vous accueillerons à Tahiti le 3 août au soir !!
Bisous supplémentaires !

Unknown a dit…

je ne sais pas si le marmiton est devenu chef cuisinier, mais il fait une tête bizarre !!!!!!!!!!!

Quel est le bâtiment sur la photo 2 ?

Anonyme a dit…

Allo vous deux...

Félicitation marmiton...mais je crois que Matt (oups), que Mathilde est un peu trop gentille avec toi, marmiton. Mais tu as beaucoup de mérite quand même...

J'ai beaucoup aimé le ''Balls System''. Ça m'a fait pensé au bon vieux temps de l'ÉNA avec Nick pi Mathieu...Balls to the wall...

Je m'ennui de vous deux...

P-E

Anonyme a dit…

Salut Jipi! Salut Mathilde!!

Très beau blog! ca donne le gout de voyager!! :D c'est vraiment incroyable comme trip!

C'est vraiment cool que vous ayez pris le temps d'aller enseigner l'anglais à ces enfants!
félicitation


faites attention à vous!! continuer à en profiter à fond !!

j'ai bien hate de vous revoir ! A+++ les aventuriers

Anonyme a dit…

A défaut d'opter pour les 160 km en plusieurs heures, nous allons bientôt nous avaler 18'000 km. Rdv donc début août sur le tarmac de l'aéroport de Faaa. D'ici là bonne continuation !

Anonyme a dit…

On aura le droit à une démo de vos talents de chef en rentrant??

J'ai hâte de voir les photos d'Australie!!

A bientôt!
Bisous

Val et JP

Anonyme a dit…

Super la vidéo sur la circulation! C'est impressionnant et il doit falloir avoir le coeur bien accroché.
Ta baignade toute habillée est amusante ... et pédaler sous des trombes d'eau doit être aussi une expérience inoubliable.
Je suis touchée par la justesse de ton récit avec le contraste entre la description des endroits chargés de lourds passés historiques et des endroits plus magiques - temples d'Angkor -, plus joyeux - cours de cuisine -, et plein de tendresse - cours d'anglais.
Plein de bisous pour vous deux

gigi a dit…

Coucou! Ça fait plaisir de voir que vous vous amusez autant et surtout sans malaise. La nouvelle destination va être un choc culturel.
N'essaie pas de faire copain copain avec les requins si tu vas faire du surf.
Bisous
Gigi