24 novembre 2010

Expédition Ama Dablam

Hé bien un itinéraire c’est fait pour être changé… Suite au trek dans la vallée de Gokyo, j’avais l’intention de me diriger vers le Tibet et ensuite le Bhoutan. Finalement, après m’être renseigné sur les destinations, j’ai découvert que le Tibet serait probablement trop froid pour y faire ce que je voulais y faire et que le Bhoutan, c’était beaucoup trop cher pour mon budget.

Il fallait trouver une alternative pour mon dernier mois de voyage. J’avais mon idée, 2 mots : Ama Dablam…



Une emblème mythique du Népal (probablement une des montagnes les plus représentées sur les peintures des artisans), cette montagne se trouve dans le Khumbu Himal, à proximité de l’Everest. Si l’on traduit son nom on obtient « Le collier de la mère ». Le collier faisant référence à son glacier suspendu près du sommet. Bien que relativement à basse altitude (6812m) pour une montagne himalayenne, elle marque tous les marcheurs qui la côtoie. Elle impressionne de par sa forme spectaculaire et sa domination en hauteur par rapport aux autres sommets voisins. En 2008, j’étais tombé en amour avec cette montagne lorsque je l’avais vue, au clair de lune, dominer le ciel étoilé. Il semble que je ne sois pas le seul à trouver cette montagne attirante, car l’Ama Dablam est le troisième « expedition peak » le plus grimpé au Népal.

Comme je suis déjà acclimaté à l’altitude, c’est en 4 courts jours de marche que nous atteignons Pangboche, la ville tout juste sous le camp de base. Nous faisons un arrêt au monastère de Tengboche afin d’y recevoir les bénédictions du Lama, mais malheureusement ce dernier est absent. Nous recevons tout de même, d’une gentille dame, du riz qui a été béni par le Dalaï-lama. Dans la tradition tibétaine et népalaise, ces biens bénits nous protègent contre tous malheurs. Je mets donc précieusement le riz dans une de mes poches espérant que la croyance est vraie! Pemba m’assure également que sa femme à Katmandou est allée voir un Lama pour qu’il nous bénisse pour l’ascension. Dans la tradition sherpa, les montagnes sont des dieux et déesses et on doit leur faire des offrandes afin qu’ils nous offrent leur sommet. Le Lama à Katmandou a donc fait ses offrandes à l’Ama Dablam pour nous. En espérant que la déesse (ou le dieu) nous laisse toucher son sommet!

À Pangboche, nous rencontrons notre sherpa de grimpe ( « climbing sherpa ») Gomba. Nous sommes entre de bonnes mains. Il a déjà atteint le sommet 2 fois et a participé à plusieurs expéditions sur des 8000m au Népal et au Pakistan. C’est le moment de vérifier le matériel : cordes, harnais, bottes, bouffe, ascendeurs… Tout est là. La météo est clémente et en ce moment les équipes en place sur la montagne atteignent le sommet sans trop de difficulté. Les risques d’avalanches sont de faible à nulle, bref des conditions parfaites. Nous avons de la chance, car ce ne fût pas le cas au printemps dernier où aucune expédition n’a atteint le sommet. Les conditions de glaces étaient mauvaises et très instables. Baignant dans cet optimisme, nous avalons les 3h de marche qui nous sépare du camp de base à 4800 m.

Camp de Base (BC) 4800m – Camp de base avancé (ABC) 5400m – Camp 1 5800m

Les tentes aux camp de base
C’est dans le confort d’un lodge, oui oui d’un lodge, que nous nous installons au camp de base. Hé oui, comme ce camp de base est de plus en plus dans l’itinéraire de certains trekkeurs (comme un peu celui de l’Everest) une famille de Sherpas à décider d’y construire un lodge pour les accueillir. Pourquoi aller dans les tentes alors J. En ce moment, bien qu’un peu tard dans la saison, il y a beaucoup de monde au camp de base. Plus de 60 tentes! En grande majorité, comme nous, ces grimpeurs vont s’attaquer à l’arrête sud-ouest. C’est la voie d’accès la plus « facile » au sommet. Elle comporte plus de 3 km de cordes fixes!

Le chemin entre le BC, l’ABC et le camp 1 est facile et ne pose que peu de difficultés techniques. Par contre, le chemin est long et c’est à ce moment que l’on est le plus chargé en victuailles. La première journée a donc été consacrée à faire un aller-retour entre le BC et l’ABC pour y monter une partie de nos 70 kg d’équipement. C’est un bon moyen également d’améliorer son acclimatation, car l’ABC se trouve à 600m au-dessus à 5400 m. Le lendemain, même histoire. On avale les 4h de marche qui nous sépare de l’ABC et nous montons une partie de la cargaison au Camp 1, 2h plus loin. Donc la troisième nuit (merci à l’acclimatation accumulée lors du trek de Gokyo) nous dormons au Camp 1, à 5800m, matériel en main et prêts pour la « vraie » grimpe. Le paysage est alors superbe, car des nuages s’installent dans la vallée, sous nous. On a une pensée pour les trekkeurs qui ne voit pas les montagnes, mais pour nous la scène est spectaculaire. Les montagnes dépassent comme des îles dans une mer de nuages.


Camp 1 5800m – Camp 2 6050m et la « Yellow Tower »

C’est entre le camp 1 et le camp 2 que commencent les cordes fixes et l’escalade à proprement dite. Gomba me fait remarquer qu’on a de la chance cette année, car normalement à partir d’ici l’usage des crampons serait nécessaire.. Cette année, que de la roche! Alors, on garde nos bottes d’approche. C’est entre le camp 1 et le camp 2 que l’on trouve une des passes les plus techniques de l’ascension : la «yellow tower ». Il s’agit d’une face verticale à bon coefficient de difficulté (5.8 pour les initiés) très exposée.  J’avais beaucoup entendu parler de ce passage. Même des grimpeurs expérimentés m’avaient dit qu’il y avait eu la frousse. Maintenant c’est à mon tour de voir…

Dans la "yellow tower"
C’est après 4h de grimpe, parfois très exposée à l'ouest de l’arrête, que nous atteignons la fameuse « Yellow tower » juste avant le camp 2. Bref, après en avoir entendu parler et parler, je trouve le passage plus tôt intéressant. 3 cordes y sont installées, mais on ne prend pas de chance. Gomba se lance le premier et descend ensuite notre propre corde pour attacher mon sac et par le fait même moi-même. Avec les ascendeurs, il m’a fallu un bon 10 minutes pour passer à travers les 15m de la tour. Il faut dire qu’à 6000m, les efforts en poussée verticale sont extrêmement taxant sur le rythme cardiaque et respiratoire et on doit prendre plusieurs pauses, car on est simplement à bout de souffle. Je n’ai pas regardé en bas J. Pour ceux qui me connaissent, j’ai le vertige et je fais justement de la grimpe pour vaincre tranquillement la peur. J’ai jugé qu’environ 1000m de précipice était un saut trop important dans ma lente amélioration avec cette peur! J
Camp 2 où le somnambulisme est déconseillé (6050m)

Bref, c’est après 5h d’escalade que nous atteignons le Camp 2, une minuscule péninsule rocheuse où seulement quelques tentes peuvent s’installer. On doit faire extrêmement attention pour aller aux toilettes ou se déplacer dans le camp, car les chutes sont longues des 2 côtés de l’arrête.

 Malheureusement, pas de place pour notre tente… Alors, on s’installe dans une qui semble vide. Au début je me sens mal à l'aise, mais Pemba me confirme que c’est pratique courante et qu’on ne doit pas s’en faire avec ça.

Rest day!
On sent la fatigue musculaire nous gagner tranquillement alors on opte pour une pose au camp 2 pour refaire nos forces et parfaire mon acclimatation.

Camp 2 6050m – Camp 3 6250m et le « Mushroom Bridge »

C’est maintenant à de l’escalade mixte que Gomba, Pemba et moi nous avons affaire. En effet, tout de suite après le camp 2 commencent les amoncellements de glace parmi les roches. La grimpe, toujours en étant exposée est très plaisante. On commence par monter dans un couloir qui a un très bon côté : il est à l’abri du vent. On commence à être haut et ça paraît. Le vent fouette et comme le fond de l’air est frais, ce n’est pas très agréable. L’air est également très sec, nous laissant souvent le soir avec une toux profonde.

Mon ami Nadav, au repos
Pemba dans le couloir
Donc comme je disais, le couloir est à l’abri du vent ce qui est très agréable. Les communications sont excellentes sans crier. À mi-chemin dans la montée on commence à recevoir des débris de glace en provenance du haut du couloir. On signale notre présence et ça semble se calmer. Quelques instants plus tard, des sifflements se font entendre. Un seul coup d’œil est nécessaire pour comprendre, des gros morceaux de glaces tombent d’en haut. Une seule solution, se coller contre la paroi, baisser la tête et attendre. Les sifflements donnaient froid dans le dos. Je peux vous dire que c’était très impressionnant et effrayant. Comme un bombardement à la guerre, c’est la seule idée qui me venait en tête, collé contre la paroi. Heureusement, ça n’a pas duré très longtemps et personne n’a été blessé!

Le "mushroom bridge"
Tout juste avant le « Mushroom Bridge », une autre avalanche de débris, mais cette fois de roches. Au moment où je passe un ancrage, quelque chose frappe mon sac avec violence et me fait pivoter. J’ai tout juste le temps de me retourner vers Pemba pour dire « A rock just hit my bag, I don’t know how big it… » Et bang une roche me frappe en plein sur le coude. Heureusement, plus de peur que de mal et un bon bleu en sera mon seul souvenir. J’étais content d’avoir mon casque à ce moment ! J

Quelque temps après, nous atteignons le « Mushroom bridge » la dernière partie technique avant le sommet. Très peu de grimpeurs parlent de cette section en comparaison avec la « Yellow Tower ». Pourtant, j’ai trouvé cette partie franchement plus effrayante! Il s’agit d’environ une cinquantaine de mètres où l’arrête et très mince et recouverte de glace. Parfois, il y a à peine de la place pour ses 2 pieds. Comme on est sur l’arrête, on est également balayé par les vents puissants. De chaque côté de l’arête, le précipice. Cette fois, pas le choix de regarder en bas, car on doit se concentrer pour ne pas s’embourber dans ses crampons et trébucher. C’est étourdissant et on ne veut pas tomber là. Les ancrages sont très distancés et au grand dam de notre sherpa de montagne Gomba, cette année les cordes fixes installées là sont statiques (c'est-à-dire que la corde ne s’étire pas sous le choc). La chute aurait donc été pénible…

Finalement, 4h15 plus tard nous atteignons le camp 3, bien content d’avoir passé toutes les parties techniques. Maintenant, il ne reste plus que de l’escalade de glace sous et par-dessus le Dablam (le glacier suspendu au-dessus du camp 3).

Camp 3 6250m - « Summit Push » et descente

Le Camp 3 est exposé aux vents et toute la nuit, la tente fouette rendant le sommeil difficile. Au réveil à 4h30, la journée du sommet, j’ai mal au ventre. Malheureusement, une bactérie que j’ai dans l’estomac depuis quelque temps semble s’être réveillée au mauvais moment. Au mauvais moment, car à 2 reprises je dois aller aux toilettes dans le froid glacial! Pas très agréable !

Ma plus haute photo. Je suis à genoux et déclare forfait!
Bien que je me sente mal, on se prépare et on commence à avancer à l’aube sur la montagne. 3-4h sont nécessaire pour atteindre le sommet du camp 3. Peu de temps après le départ, je dois déclarer forfait. Tout mon sang est dans l’estomac, j’ai mal au cœur et je suis faible. On doit faire demi-tour. Toute mon énergie a été nécessaire seulement pour retourner au camp 3. Pemba m’annonce la mauvaise nouvelle. On n’a pas de vivre pour tenter une autre poussée au sommet et il faut descendre, car dans l’éventualité où mon cas s’aggraverait, les secours sont difficiles voir impossible au camp 3. Je rassemble donc toutes mes forces et on amorce la descente jusqu’au camp 1. On arrive au Camp 1 après environ 6h de descente. Je suis épuisé, mais heureux d’être sain et sauf.  Le lendemain nous descendons jusqu’au camp de base où je trouve de la médication pour mon virus.

Malheureusement, pour plusieurs raisons nous ne pouvons tenter une deuxième ascension.  Évidemment, j’ai tourné le dos au sommet avec tristesse. Après avoir investi autant d’effort dans un rêve et devoir y renoncer si près du but me déchire le cœur. Par contre, j’ai effectué la descente la tête haute, fier d’avoir accompli les parties techniques de l’ascension et surtout d’avoir rempli mon but premier : être de retour à la maison. Comme disait Edmund Hillary « Ce n’est pas le sommet que nous avons conquis, c’est nous même ». C’est totalement vrai. C’est dans ces conditions difficiles que l’on réfléchit beaucoup sur soi, qu’on se découvre. Le chemin pour moi a été rempli d’expériences, de leçons enrichissantes qui sommet ou non, resterons avec moi.

À Bientôt Ama Dablam, la prochaine fois, on va se rencontrer au sommet J


P.-S. Pour la petite anecdote, les beaux nuages que nous avons vus dans la vallée ont causé bien des maux de tête aux voyageurs. Pendant 7 jours, les vols vers Katmandu ont été annulés. Plus de 1500 voyageurs étaient pris dans la petite ville de Lukla. Les lodges étaient bondés, les gens dormaient devant l’aéroport pour essayer d’être les premiers à voler. Des gens pleuraient, s’attaquaient au personnel des compagnies aériennes et il y a même eu une vitre de brisée. Heureusement, nous sommes arrivés une fois la météo meilleure et cette cohue passée. Si vous prévoyez un voyage dans la vallée, donnez-vous quelques jours d’extra entre le vol de Lukla et votre vol international. Ça va vous éviter de pleurer au comptoir ;-)

Gokyo


C'est octobre, lai saison touristique!
Vers la mi-octobre, c’est avec plaisir que j’ai accueilli mes parents à Katmandou. J’étais bien content de les voir en santé après ce long voyage autour du monde!
C’est avec eux que j’irai marcher dans le Solukhumbu, plus précisément dans la vallée de Gokyo, la vallée juste à l'ouest de l’Everest. (Voir l'onglet Itinéraire Trek Gokyo)

Il faut savoir qu’il y a 2 manières pour se rendre dans la vallée. La première, moins empruntée, est de se rendre en bus à la ville de Jerri et de là, marcher jusqu’à Namche Bazaar. Le trajet dure en tout 9 jours, ce qui le rend plutôt impopulaire auprès des touristes. La deuxième option, largement utilisée, est de prendre un vol de 40 minutes, qui vous emmène à 2 jours de marche de Namche. Par contre, cet aéroport (qui soit dit en passant est complètement craque-pot), où l’on ne peut qu’atterrir à vue, est souvent assujetti aux changements météo. Quand cela arrive, et bien ça cause des maux de tête aux voyageurs. Dû au temps serré de mes parents, nous avons pris l’option du vol.

La fameuse piste de Lukla
Et bien pas de chance cette fois, on a été victime de la mauvaise température inhabituelle à cette époque (souvenez-vous des nuages inhabituels sur le circuit de l’Annapurna). Le jour de notre départ, seulement quelques vols ont pu atteindre l’aéroport de Lukla. Nous n’avons donc pas quitté le sol de l’aéroport. Certains avions ont décollés et revenus, 1h plus tard, après avoir attendu en vain dans les airs une ouverture dans les nuages. La mauvaise météo a duré quelques jours et nous étions toujours pris à Katmandou. Nous avons donc décidé d’avoir recours à un hélicoptère, car le trek de mes parents était sur le point d’être compromis. C’est alors que nous avons vu la cohue qu’avait causée la mauvaise météo dans l’aéroport. Il y avait des valises et des gens à la pelletée. C’est donc sans peine qu’on quitte ce chaos pour tranquillement voler en Hélicoptère. Le vol qui a duré 1h était fantastique. On volait plus lentement et plus bas, nous laissant le loisir de regarder la campagne népalaise. Arrivée à Lukla, la vue était imprenable. Comme nous pouvions voir devant nous, on a pu voir la piste absolument incroyable. Très courte, très inclinée et surtout avec un mur au fond. D’ailleurs il y a un mois, un avion a manqué de freins et est venu s’écraser contre le fameux mur. Heureusement, aucun blessé.

C’est donc avec plaisir que nous avons commencé la marche en montagne loin des klaxons et des vendeurs de Thamel. Le ciel a été couvert le premier jour de la marche, pour ensuite laisser place à un ciel plus clément. C’est en jasant avec les trekkeurs en descente qu’on a appris que pour eux, la météo n’a pas été aussi clémente. Durant les 2 dernières semaines, beaucoup de nuages et  parfois de la pluie en après-midi. Décidément, un bizarre d’automne qui normalement, affiche un ciel bleu du lever au coucher du soleil. Réchauffement planétaire?



C’est en 9 jours de marche que nous avons atteint les lacs de Gokyo. Endroit, pour notre famille qui revêt un caractère particulier, car c’est ici qu’en 2002 ma sœur Alexandra est décédée. Bien que le trek ait été difficile pour mes parents, ils sont arrivés en bonne santé. Je suis content qu’ils soient là et je suis également très fier d’eux, car je ne sais pas si moi, à leur âge, je serais capable de faire un tel exploit physique.


C’est donc avec émotion que nous avons pris place dans le même lodge et la même chambre que ma sœur l’avait fait, 8 ans plus tôt. Bien que ce soit la deuxième visite pour ma mère et moi, on trouve toujours l’endroit aussi paradisiaque, avec son lac bleu turquoise à l’eau de glacier.

De Gokyo, on peut accéder à une petite colline appelée Gokyo-Ri qui donne une vue imprenable sur l’Himalaya. La vue était tellement belle que j’y suis retourné 2 fois. Le jour de notre arrivée a Gokyo avait lieu le premier coucher de soleil sans nuages de la saison. Alors malgré la fatigue de la journée, je suis monté pour aller observer la belle couleur rougeâtre apparaître sur les montagnes, en particulier l’Everest. C’est un des plus beaux panoramiques que j’ai vu dans l’Himalaya jusqu’à présent.

Le lendemain, mon père se sentait d’attaque à son tour alors nous sommes partis ensemble monter Gokyo-Ri. Avec un effort soutenu, malgré ses 2 hanches artificielles, mon père a atteint le sommet à 5360 m! J’étais très fier de lui. Comme récompense, il a eu droit au même panoramique époustouflant, de jour cette fois. De Gokyo-Ri, on peut voir 4 des 14 8000m de la planète (Everest, Makalu, Cho Oyu et Lhotse).




Le lendemain, au moment du départ, je me suis déplacé à l’autre bout du lac afin de voir si le cairn que Mathilde et moi avions construit était toujours là. Ces cairns (tas de pierres littéralement) sont une tradition pour souligner la mort d’un membre de la communauté ou encore simplement pour indiquer le chemin. Il a été difficile pour moi de retrouver ce fameux cairn construit 2 ans plus tôt. Alors, j’ai décidé d’en construire un nouveau, cette fois plus en retrait et dans un endroit particulier. De cette manière, si jamais je retourne un jour dans la vallée, je vais pouvoir le retrouver! Alors, j’ai mis tous mes talents de bâtisseur de cairn à l’œuvre pour construire celui de ma sœur. C’était mon petit moment pour elle.

Notre but atteint, il était temps de redescendre. C’est donc le cœur gros que nous avons quitté Gokyo, petit paradis riche en émotions…