L’inde! Un petit arrêt avant les grandes montagnes. Pourquoi? On ne le sait même pas nous même. Ça s’est décidé un peu au hasard, mais nous voilà dans ce pays plein de contrastes. Seulement un peu plus de 2 semaines, un arrêt trop court à priori, pour en découvrir sa partie nord-ouest.
Dharamsala
Après un bref arrêt à Delhi, qui ne nous a pas permis d’appréhender toute la dimension de la culture indienne, nous sommes partis dans le nord, pour McLeod Ganj (« upper » Dharamsala). Il s’agit du lieu de résidence du gouvernement tibétain en exil et donc du Dalaï-lama. Nul besoin de dire, que la ville est remplie de réfugiés tibétains. Nous avons fait 15h de bus de nuit (de 17h30 à 8h30) et 480km pour nous y rendre. Le trajet n’a pas été de tout repos étant donné l’état des routes, pleines de nid de poule, et de la conduite indienne très bruyante. Une fois sur place, notre première action a été de faire un beau dodo dans notre chambre qui sentait l’humidité!!

Eh oui, la mousson était encore de la partie. Tout était humide, le papier des livres gondolait tout seul et plus d’une fois, le brouillard nous a empêchés de voir plus loin que 50m! Heureusement, la mousson tirait à sa fin, ce qui nous a permis d’avoir presque une demi-journée de « soleil » par jour. Ces épisodes de beau temps nous ont permis d’avoir le premier aperçu de la chaîne himalayenne, centre de notre voyage.
L’après-midi de notre arrivée, nous avons visité le monastère. Pendant que j’étais partie à la toilette, un moine a abordé Jean-Philippe assis tout seul sur son banc. Quand je suis arrivée, ils étaient en grande conversation! Nous l’avons gentiment remercié et nous nous apprêtions à partir, lorsqu’il nous a demandé s’il pouvait marcher avec nous. C’est comme ça que nous avons fait la connaissance de Tanzie, un moine tibétain qui a fui le Tibet pour rejoindre le Dalaï-lama. Son but, à McLeod Ganj, était d’apprendre l’anglais en deux ans. C’est pour ça qu’il a abordé Jean-Philippe la première fois, pour parler! Chaque jour, nous avons donc parlé anglais une à deux heures, autour d’une tasse de thé ou en marchant.
Au fil des conversations, nous avons appris son histoire. Issue d’une famille nombreuse nomade, il a quitté son monastère au Tibet, occupé par le gouvernement chinois. Au départ d’une ville en banlieue de Lhassa, il a traversé les montagnes jusqu’à Katmandou. 22 jours de marche, avec quelques confrères, à travers l’Himalaya. Parfois plusieurs jours sans manger. Il s’est ensuite déplacé en Inde, à Dharamsala plus précisément, pour retrouver le Dalaï-lama, qui rencontre à priori tous les exilés. Tanzie a écrit dans son cahier que sa rencontre avec le Dalaï-lama fut le plus beau jour de sa vie. Comment ne pas être touché par ce discours… Maintenant Tanzie est tiraillé entre rester en Inde ou rejoindre sa famille dont il s’ennuie bien évidemment. Par contre, il faut savoir que tout moine qui repasse la frontière vers le Nord risque l'emprisonnement. Fait confirmé par la lecture d’une des publications officielles tibétaine dont nous avons eu une copie dans le village. Voilà donc le dilemme auquel il fait face. En plus cocasse, on lui a demandé s’il voyageait un jour en dehors de l’Inde et du Tibet, quelle serait sa destination. Il a répondu le Canada ou les États-Unis car ça semblait être des belles démocraties! Nous avons adoré ces séances de discussion avec Tanzie. Nous avons énormément appris sur la situation géopolitique des différents pays de la chaîne Himalayenne. Quelle belle prémisse pour notre voyage!
À la fin de notre séjour à McLeod Ganj, nous avons assisté au tant attendu discours du Dalaï-lama. Quelle belle expérience! Pour avoir été dans la ville quelques jours avant son discours, on pouvait voir l’effervescence que cela créait. La ville prenait vie. Première impression du Dalaï-lama, il dégage de la bonne humeur tout simplement. On ne peut s’empêcher de sourire en voyant sa bonne bouille. On a donc suivi ses enseignements pendant 2 jours, dans un temple bondé de moines et d’occidentaux. Heureusement, nous étions venus réserver notre place le jour d’avant. On doit venir y déposer notre coussin avec un morceau de linge afin de s’assurer une place. Très cocasse. Outre les enseignements, je (Jean-Philippe) retiens de ces deux jours la belle fusion de l’occident et de l’orient au temple ainsi qu’en ville. Bien qu’ils viennent de mondes très différents, on voyait souvent moines et occidentaux échanger quelques mots et sourires. Il y avait une belle dynamique paisible et on était tout simplement bien.
C’est donc avec beaucoup de tristesse que nous avons quitté McLoed Ganj et Tanzie. Ce dernier nous a attendus à la station de bus avec des cartes d’au revoir et deux écharpes blanches tibétaines rendant les adieux encore plus touchants. Ce sont des rencontres comme celle-ci, croit-on, qui donnent une autre dimension au voyage, qui le rendent riche. C’est le genre de chose qu’on ne peut prendre en photo.
Agra

Après un autre 480km, mais seulement 13h de route, nous sommes revenus à Delhi, pour prendre un train dans la foulée en direction d’Agra. Et là, retour à la réalité indienne et en plus en zone touristique! Un bruit de klaxon incessant, une odeur de pot d’échappement permanente, et tout un tas de gens collant à notre service bien sûr! Le premier matin, nous avons juste marché autour du fort d’Agra, pour prendre le pouls de la ville. Du côté de l’entrée du fort, tout plein de gens qui réclament notre attention,

à l’opposé un énorme bazar plein de magasins en tout genre où les gens nous regardent en coin mais sans agressivité. Cette marche nous a amené le long du
fleuve Yamuna où nous avons eu notre première vue sur le Taj Mahal avec des vaches pour compagnes! En fin d’après-midi, nous sommes entrés dans le fort. Nous y avons vu la demeure de Mumtaz Mahal, la femme qui a le Taj Mahal pour tombeau. Moins extravagant que le Taj, mais tout aussi riche en sculpture et en décoration. Nous avons fini la journée autour d’une bière à la piscine de l’hôtel de
Léo et Clément, deux français partis de France en voiture rencontrés au dîner dans un resto, à jaser de la vie. Une belle rencontre, qui nous a donné encore plein d’idées de voyages! Ils nous ont initiés aux secrets de la conduite Indienne. C’est simple ils ont dit, on ferme les deux rétroviseurs (ce n’est pas une blague), on regarde devant soi, et on klaxonne quand on dépasse. Simple non? Ça semble fonctionner, car on n’a vu aucun accrochage jusqu’à présent…
Le lendemain, debout à 5h30 pour être à 6h au Taj Mahal. On espérait voir le lever du soleil sur le monument. En fait, il a fallu attendre environ 7h du matin pour que le soleil soit assez haut pour percer les nuages! Ce fût un beau spectacle J Et, j’ai (Mathilde) trouvé le Taj Mahal bien plus beau en vrai, parce que les cartes postales se limitent en général au tombeau alors qu’il y a deux mosquées de chaque bord qui font un bel effet de symétrie. Notre plus belle vue a été du parc de l’autre bord de la Yamuna! Et chose surprenante, il y avait beaucoup plus d’indiens que d’étrangers au Taj Mahal (peut-être que le prix d’entrée, 30 fois moins cher pour les indiens, aidait un peu) Ce qu’on retient de la visite, c’est une démesure affichée pour un simple tombeau, sans doute à la hauteur de l’amour inconditionnelle de l’empereur moghol pour sa femme ou alors à l’image d’un égo gigantesque (tout de même moindre que celui de Humayun, voir Delhi). Peu importe la raison, ce tombeau n’en reste pas moins un bel héritage architecturale avec son marbre ciselé et incrusté de pierres semi-précieuses.
Jaipur
Dernière ville du triangle d’or que forment les villes de Delhi, Agra et Jaipur. Jaipur est surnommée la ville rose. La raison est simple, toute la vieille ville est peinte de la même couleur, je vous laisse deviner laquelle. Idée farfelue d’un des empereurs rajputs, simplement pour faire joli pour la venue du Prince de Galles de l’époque (Édouard VII). Depuis, la tradition est restée. Bon rose, pas vraiment, c’est plus rougeâtre, mais ça donne un certain style.
Nous sommes restés 2 jours à Jaipur, mais avons vu relativement peu de chose. Principales responsables, la paresse et la maladie. Paresse car nous avions notre quota de klaxons et rabatteurs, et maladie car Mathilde a eu un épisode de fièvre. Rassurez-vous, elle pète le feu maintenant.
Tout de même, nous avons pu couvrir les attractions principales. Tout d’abord le city palace, palais de l’empereur sans royaume. Jaipur était un royaume indépendant jusqu’à ce que, par manque de fond, il rejoigne l’Inde indépendante. Que dire de ce palais… Ah oui les cruches d’argents. Un des empereurs zélés, devait aller voir le couronnement d’un roi en Angleterre début XXième siècle. Afin de rester pur, il a créé deux énormes cruches d’argent pour transporter l’eau du Gange avec lui lors de son voyage. Utiliser l’eau de la Tamise l’aurait rendu impur. 28000 pièces de monnaie d’argent issues du trésor royal et deux années de travail ont été requises pour les créer. Chaque cruche peut contenir plus de 4000 litres d’eau et pèse 375 kg. Elles sont enregistrées comme plus grosse pièce d’argent au monde. Également à noter dans ce palais, les quatre portes d’entrées représentant les quatre saisons indiennes. Je dis indienne car il s’agit du printemps, l’été, la mousson et l’hiver. Ces portes sont absolument superbes et sont pour nous, les pièces les plus remarquables du palais.
Par la suite, nous avons pris un auto-rickshaw, direction les forts d’Amber et de Jaighar à l’extérieur de ville. La vue de la montagne était réellement superbe. On voyait très bien la fortification qui fait le tour de la ville d’Amber. Le fort de Jaighar était ouvert en partie et était un vrai labyrinthe. Il était plaisant de s’y perdre. Par contre, la chaleur était accablante et Mathilde était fiévreuse, nous avons donc laissé tomber le fort d’Amber. Le lendemain, nous avons tout simplement déambulé dans la vieille ville. Une belle balade, car nous étions loin des vendeurs, rickshaws et autres sollicitations.
Nous sommes maintenant de retour à Delhi afin d’y visiter les derniers monuments sur notre liste. Nous quittons pour Katmandou le 8 septembre. Nous avons vraiment hâte de retrouver le Népal et notre ami Nicolas. Nous publierons un autre message de blog avant de quitter pour le long trek de l’Annapurna.
Pour ceux qui veulent en voir un peu plus, vous pouvez regarder quelques photos supplémentaires. Vous pouvez cliquer sur le diaporama afin d’avoir les vidéos, une version agrandie avec légende et la localisation.