3 août 2008

La terre du milieu

La Nouvelle-Zélande, c’est le pays des kiwi (surnom de ses habitants qui sont 4.5 millions), des moutons (il y en a environ 10 pour 1 habitant, mais comme la population est essentiellement dans les grandes villes, un berger a une trollé de moutons à lui tout seul!!) et qui l’eu cru, le pays des arcs-en-ciel (on en a vu en moyenne un par jour). Pour les arcs-en-ciel, on a beaucoup été aidé par la pluie et le temps changeant du pacifique… Et oui, sur 16 jours dans une van, il en a plu 12!! A la fin on était tanné, parce que ce ne sont jamais de petites averses et on n’est pas en Thaïlande où la pluie est chaude. Enfin mis à part quelques heures de folie dans la van où on a chanté (après tout il pleuvait déjà!!), dansé et où on s’est cogné la tête (c’est pour ça qu’on est devenu un peu fou…), on a quand même apprécié notre séjour et on a vu de très belles choses.

On a décidé de rester dans l’île du Nord, parce qu’on arrivait à Auckland et qu’on était en hiver. Donc pour s’assurer d’avoir chaud, on a fait le nord de l’île du Nord!! Nous avons donc troqué les montagnes découpées au couteau du seigneur des anneaux pour la côte océanique et l’activité volcanique. Pour voyager, nous avions choisi quelque chose qui lie l’utile à l’agréable : un campervan. On a roulé, dormi, mangé pendant 16 jours dans une grosse brique mobile super aérodynamique. Un petit 7m2 avec frigidaire, cuisinière à gaz, eau courante (à condition de remplir le réservoir), salle à manger et chambre J, c’était top. On a pu aller où on voulait et profiter des beaux paysages à l’occasion d’un pique-nique à l’abri du vent dans la van, le coffre ouvert.

La conduite en Nouvelle-Zélande est à gauche. Et oui, que de plaisir et parfois de frousses à s’assoir à droite pour conduire! C’est un grand pays, mais avec peu de population, donc on oublie les autoroutes comme on les connait. 30 minutes sortis d’Auckland et l’autoroute se transforme en chemin de campagne. Toujours la même limite de vitesse, 100 km/h, sur des chemins pas plat et surtout pas droit. Disons que leur signalisation responsabilise le conducteur. C’est sans scrupule que sur une de ces routes, il te flanque un pont à une voie (1 voie pour les 2 sens bien sûr). Ou encore, qu’il donne une permission de dépasser dans une série de courbes où on voit à peine 10 mètres devant et où on a de la difficulté à passer la 3ième vitesse (on vous rappel qu’il affiche encore fièrement la limite de 100 km/h). Jean-Philippe (et un tout petit peu moi) a eu bien du fun à conduire!

On a commencé notre périple par un long passage par la côte au nord d’Auckland. Nous sommes allés au point le plus au nord de la Nouvelle-Zélande, cap Reinga, où Jean-Philippe a essayé d’apprendre à voler (il y avait des rafales de vent à 70km/h). Ça n’a pas bien marché, alors on s’est rabattu sur les dunes de sable géantes. Là, il a sauté le plus loin possible depuis le haut de la dune, c’était impressionnant, mais toujours pas assez pour voler!! Pendant ce temps, je profitais d’une exfoliation gratuite de la peau des tibias et des mollets par le vent toujours aussi fort qui soulevait le sable de la crête de la dune. Après cette belle journée ensoleillée, nous avons profité d’une belle journée de pluie pour nous promener sur les hauteurs de la côte un peu plus au sud (mais toujours au nord d’Auckland). Cette journée fut mémorable : le premier jour où on décide de se lever tôt (7h) pour profiter de la lumière du jour (on est en hiver ici alors le soleil se couche à 17h30). Ce fut un beau réveil sous la pluie! Je ne sais pas ce qui nous a pris, mais plutôt que de rester coucher bien au chaud, on s’est levé et à 8h30 on était prêt à affronter la pluie. Comme je voulais aller sur la côte pour voir la baie et la mer, on est parti sur un supposément « chemin côtier ». En fait, ce que n’indiquait pas le plan, c’est que ce chemin ne se pratique qu’à marée basse et certainement pas quand la pluie ramène les vagues un peu trop haut sur le rivage. Après 15min d’escalade sur les rochers, à essayer d’éviter l’eau, on était tout mouillé et histoire d’être vraiment de bonne humeur, Jean-Philippe a glissé et s’est retrouvé avec les deux pieds mouillés! Après cette belle balade, j’en voulais encore, je n’avais pas envie de rester enfermée (Jean-Philippe oui a priori!). Alors, je suis repartie sur un autre sentier, JiPi avec moi, car il est amoureux :p Une bonne nouvelle, au début du sentier, le panneau annonce un point de vue. Cool! Sauf qu’arrivé en haut, il avait plu encore plus fort (là on était vraiment trempé) et on ne voyait rien que de la brume. J’ai déclaré forfait pour la journée, on est rentré dans la van pour se faire un bon chocolat chaud… Nous avons donc conclu que les activités sous la pluie ne sont pas à refaire dans ce pays là.

Nous avons ensuite profité de notre certification PADI (vous vous souvenez, la certification de plongée qu’on a passée en Thaïlande), pour plonger dans une eau à 15 deg C avec les poissons du Pacifique. On a plongé au large de Tutukaka, dans le site de Poor Knights Island. Ce qui nous a décidés à sauter dans l’eau froide est qu’il s’agit d’un des dix plus beaux sites de plongée au monde (selon Jacques Cousteau). Et effectivement, c’était spectaculaire comme plongée. L’eau était cristalline et les poissons innombrables. La deuxième plongée s’est effectuée sous une arche rocheuse de plusieurs mètres de long, 5m au dessus de l’eau et 12m sous l’eau. En plus, on a eu la chance d’avoir du soleil qui illuminait la « grotte », ce qui donnait sous l’eau des reflets féériques. De chaque bord de la passe, les murs étaient recouverts de banc de poissons bleuté-argenté. Des documentaristes étaient également présents pour filmer les poissons ce qui ajoutait au moment idyllique. Dommage qu’il ait fait si froid, j’y serais restée des heures.

Et puis le soleil nous a fait faux-bond… Nous avons continué notre voyage, sous les nuages, ce qui donnait une touche un peu fantasmagorique aux paysages que nous avons vus. La dernière semaine s’est déroulée dans la vallée géothermique et volcanique de Rotorua et Taupo (au sud d’Auckland, en plein milieu de l’île du nord). Notre premier contact avec les activités géothermiques fut de nature olfactive : ça sentait l’œuf pourri ou pour ceux qui ont déjà joué avec des pétards à mèche, l’odeur après l’explosion. Bref, ça sentait pas bon! A Rotorua, il y a des fumeroles (émission de vapeur d’eau chargée en gaz soufré par un petit trou dans le sol) en centre ville, donc la ville a une odeur particulière! Au camping où on restait, nous avons pu nous baigné dans un spa chauffé naturellement (à 40 deg C). Le pied! Le lendemain, nous avons grimpé un ancien volcan (tout petit) dont les pentes étaient couvertes de brumes. En s’approchant un peu plus près, nous avons pu constater que c’était plein de fumeroles. Dans l’après-midi, nous avons patiemment attendu, les fesses au chaud (nous étions assis sur des pierres chauffées par les gaz chauds qui circulaient en sous-sol), l’éruption d’un geyser! Wouah, c’est comme une casserole d’eau bouillante : ça vient progressivement et quand c’est parti, ça monte jusqu’à 10m! Impressionnant. Nous avons continué notre apprentissage de la géothermie et des activités volcaniques, en passant une demi-journée dans la vallée de Waimangu. Cette vallée a été créée suite à une explosion violente survenue en 1886. Là nous avons marché à travers des fumeroles, sources bouillonnantes, rivière chaude (à 55 deg C), cratère plein d’eau fumante, marre de boue bouillonnante… C’était cool et très instructif comme randonnée. Nous avons pu constater comment la nature a repris ses droits suite à une dévastation totale lors de l’éruption. Et les couleurs dues à l’acidité des émissions (jusqu’à un pH 2.1) et aux différents gaz sont fabuleuses, comme un tableau de peintre!

A la fin d’une grosse demi-journée d’apprentissage, nous sommes allés nous détendre dans un spa un peu particulier. Le premier bain s’est fait dans un spa plein de boue!! C’était très agréable et détendant de s’étaler de la boue partout. Le bain ne pouvait pas durer plus que 20min pour des raisons de sécurité… et on devait obligatoirement prendre une douche froide après! Suite à cette épreuve, nous nous sommes baignés dans un spa plus conventionnel à l’air libre, alimentés par les sources d’eau chaude environnante. Résultat, on puait le souffre, mais on était bien détendu. À tel point qu’on a eu la flemme de prendre une douche, donc l’odeur dans la van était assez prononcée (haha). Nous avons aimé l’expérience, mais JiPi voulait quelque chose de plus authentique. Nous sommes donc allés à la bibliothèque photocopier un livre qui indiquait quelques « hot springs » naturelles sur la route du retour. Le matin de notre dernier jour, nous nous sommes donc arrêtés près d’un cours d’eau fumant à l’odeur de soufre. Premier test, la main : ha s’est chaud… Deuxième test : le pied, hum… toujours chaud! La suite, le corps tout entier. Wouah, c’est chaud, qu’est-ce qu’on est bien. On y est resté environ 30min dans le cours d’eau (la température était au dessus de 40 deg C).

Après tout ça nous avons bouclé la boucle en retournant à Auckland. Une petite anecdote au sujet d’Auckland. Au musée, il y a une section sur la vulcanologie pour expliquer que la Nouvelle-Zélande est une zone à risque et que ça peut péter un peu n’importe où, a à peu près n’importe quel moment. Jusque-là, on a un peu peur, mais rien de bien grave. Le pire est qu’il y a une simulation d’une éruption volcanique en plein milieu de la baie d’Auckland, qui a pour conséquence une destruction totale de la ville... Ça, ça fait peur. C’est ce qu’on appelle vivre au jour le jour.

Pour bien finir notre séjour en Nouvelle-Zélande, Hina (une cousine de mon cousin Teiki) et Nicolas, son copain, nous ont gentiment accueillis chez eux. Merci pour tous les conseils et pour les belles soirées que nous avons passées tous ensemble. Nous gardons un très beau souvenir de votre chaleureux accueil.
Pour les intéressés des toilettes, je me suis renseigné et malheureusement c’est un mythe urbain… La force de Coriolis est bel et bien inversée, mais pour des petites masses d’eau, elle n’a pas d’effet. Le sens de rotation de l’eau est dominé par d’autres facteurs (ex. : la forme de l’évier). Par contre, nous avons bel et bien constaté que leur dépression météo est inversée et tourne dans le sens horaire! Voici une photo météo d’une des 2 tempêtes que nous avons essuyées.

Vivement la Polynésie française!