8 décembre 2010

Nepal Top to Bottom

 Parc national de Chitwan
Tel que mentionné dans le message précédent, j’ai mis de côté le Tibet et le Bhoutan pour le reste de mon voyage. Il me restait donc 2 semaines pour profiter du Népal avant mon retour. Après avoir profité du confort de Katmandou pour regagner les kilos perdus en montagne, j’ai quitté la capitale en direction du sud du Népal, le Teraï.

Comme je voulais avoir un peu de liberté là-bas, j’ai décidé d’y aller à moto. Il y est impossible d’y aller à Scooter à cause de l’état des routes alors je dois louer une petite moto. Il faut dire que je suis un peu hésitant, car je n’ai pas mon permis… Mais bon je me dis que si on m’arrête, les policiers ne comprendront rien à mon permis québécois.  J’ai juste à avoir l’air convaincu et ça devrait passer, haha! C’est donc dans le chaos de Katmandu que j’ai appris à conduire ma première moto. Une fois sortie de la grande ville, je ressentais 2 sentiments vraiment distincts : de temps en temps une belle liberté en roulant tranquillement dans de magnifiques paysages vallonnés et par moment une peur bleue. Bien que ce ne soit pas le premier pays asiatique dans lequel je conduis, je dois dire que le Népal se classe bon premier en conduite effrayante. La « highway » qui serait pour nous une route limitée à 70km/h est parsemée de camions lourds qui roulent à basse vitesse. Il y a donc beaucoup de dépassement où il n’y a que peu de visibilité (très vallonné comme j’ai dit). Étrangement, il semble que la priorité soit donnée à celui qui dépasse, cherchez à comprendre… Donc plus d’une fois, j’ai été obligé d’aller dans le petit accotement pour éviter la collision frontale. Rajoutez à ça des routes qui nécessiteraient parfois un motocross plutôt qu’une moto, de la poussière et bien c’était inévitable je me suis planté J Lors d’un dépassement, j’ai frappé un trou et je suis passé par-dessus le guidon. Merci à mon sac à dos et mon casque, je n’ai eu que quelques égratignures et une bonne frousse.





Le Teraï, qui veut dire « plaine » en népalais, porte bien son nom. Cette bande de terre de 50 km de large qui traverse le Népal d'est en ouest est complètement plate. Elle est également très basse, entre 110 et 850m d’altitude. Quel contraste quand à une centaine de km seulement sont situés les plus hauts sommets du monde! Si je n’avais pas vu les montagnes de mes yeux vues, je n’y croirais pas…

Après quelques heures de moto, je me suis arrêté aux abords de la réserve naturelle de Chitwan, la plus grande en son genre au Népal. On y retrouve plusieurs animaux et de nombreux oiseaux, certains visibles uniquement dans cette réserve. Pour visiter la réserve, j’ai pris un forfait tout inclus (il faut être paresseux parfois).  Au final, ce n’était pas si mal. On a fait un peu de canoë, de la marche en forêt et oui, une balade à dos d’éléphant haha!  On a pu apercevoir quelques rhinocéros d’Asie à une corne, des cerfs tachetés, des paons et un Kingfisher (un célèbre oiseau qui donne son nom à une compagnie aérienne et à une bière).  On a également fait un arrêt à la rivière pour regarder le bain quotidien des éléphants. Très drôle de voir ces grosses bêtes s’amuser dans l’eau comme de jeunes enfants.

Championnat international de polo sur éléphant




Coup de chance également, j’étais à Chitwan pendant le Championnat international de polo sur éléphant. Il y en a 3 par année, un au Sri Lanka, un en Inde et un au Népal. Oubliez les stades, oubliez les foules; le championnat avait lieu dans un champ tout près d’un resort qui en était l’organisateur. On comprend vite que ce n’est pas un sport très sérieux, car personne ne peut le pratiquer dans sa cour. Il s’agit plutôt de groupe d’amis venus d’un peu partout sur la planète qui compétitionnent ensemble pour le plaisir. Athlètes ou non, c’était quand même très drôle à voir. Ils sont 2 sur l’éléphant : le mahout (le conducteur) et le joueur. Le jeu est très lent et incohérent, mais tellement drôle. Qui veut former une équipe canadienne?

Orphelinat

Originalement, j’avais pensé me diriger ensuite vers Pokhara pour aller y faire du bénévolat. Après mon expérience à moto sur les routes du Népal, je me suis dit qu’il serait peut-être plus sage d’éviter de faire trop de moto. J’ai donc trouvé dans la ville de Sauraha (ville annexée au parc naturel de Chitwan) un centre d’aide pour enfants et femmes en difficultés où je suis resté 1 semaine. Au programme, aide aux devoirs des enfants, discussion en anglais et bien sûr plein de jeux! Pas de paysage à couper le souffle cette fois, mais une bonne dose d’amour! Ces enfants ne voient pas d’étranger très souvent alors ils donnent toute leur affection J Mes journées étaient libres alors j’en ai profité pour aller refaire quelques activités dans le parc de Chitwan, me balader à moto dans la campagne et relaxer. Ça faisait du bien de ne pas avoir à marcher J J’ai rapidement pris le rythme de cet endroit paisible et le quitter m’a rendu bien triste. Alors que je commençais à mieux connaître les enfants,  je devais déjà les quitter… C’est d’humeur nostalgique que j’ai donc enfourché ma moto pour retourner dans la capitale.

Conclusion
4 mois après notre départ de France, ce dernier voyage à moto marquait la fin de mon aventure dans l’Himalaya. Je tire ma révérence le cœur gros, triste de quitter le pays qui m’a offert tant de sourires et d’émotions. J’ai longtemps pensé à comment vous faire part d’une conclusion sur mon voyage, mais j’en suis incapable. Il est difficile d’écrire quelques lignes qui résument toutes ces aventures et rencontres. Une chose est sure par contre, tous ces souvenirs restent pour moi des trésors qui je l’espère, me seront utiles une fois de retour dans ma vie « normale » J

Anecdotes

Poutine : De retour du championnat de polo sur éléphant, je me suis arrêté dans un petit restaurant au cœur de Sauraha. J’ai failli tomber en arrière quand j’ai vu de la poutine sur le menu!! Je demande si le propriétaire est canadien, même pas. Et bien mes craintes étaient fondées, ce n’était pas très bon. La sauce était épicée et le fromage n’était pas en grain! Mais c’était trop drôle de déguster ce met de Drummondville, à l’autre bout de la planète.

Dal Bhat : Le Dal Bhat est le plat national des Népalais. Il s’agit d’un riz accompagné d’une soupe aux lentilles et d’un curry aux légumes. J’ai lu dans un restaurant que 20 sur 23 millions de Népalais mangeait ça 2 fois par jour. J’ai eu l’occasion de vérifier cela à l’orphelinat et effectivement, ce plat est l’unique plat du déjeuner au souper. Pas besoin de se poser de questions. Heureusement, le couple responsable a eu pitié de moi et j’avais le droit à des œufs le matin. Dieu merci…

Concessionnaire : Comme je vous ai dit, lors de ma chute, j’ai endommagé ma moto et j’ai dû la faire réparer chez le concessionnaire. J’ai du changer 2 pièces pour 1h de main d’œuvre. Et bien sur ma facture, j’ai été chargé 1.5$ de main d’œuvre !! On est loin des 60$ du Québec…

Rhinocéros : Lorsque je visitais une partie du parc en compagnie du propriétaire de l’orphelinat, j’ai eu une rencontre plutôt spéciale avec un rhinocéros. On roulait tranquillement à moto dans les chemins du parc quand soudain, je regarde sur ma gauche et je vois un rhinocéros sur le bord du chemin à quelques mètres seulement. Je ralentis pour regarder l’animal. Ben lui il n’a pas apprécié, Il a levé la tête et lâché un gros soupir qui m’a dressé le poil sur le dos. Il faut faire vraiment attention à ces bêtes, car chaque année, il y a des incidents où des rhinocéros chargent les touristes. Alors, j’étais bien chanceux d’avoir ma moto et j’ai filé un peu plus loin. J’ai pu le regarder un bon moment, assis sur ma moto, prêt à déguerpir s’il n’était plus content de me voir J

24 novembre 2010

Expédition Ama Dablam

Hé bien un itinéraire c’est fait pour être changé… Suite au trek dans la vallée de Gokyo, j’avais l’intention de me diriger vers le Tibet et ensuite le Bhoutan. Finalement, après m’être renseigné sur les destinations, j’ai découvert que le Tibet serait probablement trop froid pour y faire ce que je voulais y faire et que le Bhoutan, c’était beaucoup trop cher pour mon budget.

Il fallait trouver une alternative pour mon dernier mois de voyage. J’avais mon idée, 2 mots : Ama Dablam…



Une emblème mythique du Népal (probablement une des montagnes les plus représentées sur les peintures des artisans), cette montagne se trouve dans le Khumbu Himal, à proximité de l’Everest. Si l’on traduit son nom on obtient « Le collier de la mère ». Le collier faisant référence à son glacier suspendu près du sommet. Bien que relativement à basse altitude (6812m) pour une montagne himalayenne, elle marque tous les marcheurs qui la côtoie. Elle impressionne de par sa forme spectaculaire et sa domination en hauteur par rapport aux autres sommets voisins. En 2008, j’étais tombé en amour avec cette montagne lorsque je l’avais vue, au clair de lune, dominer le ciel étoilé. Il semble que je ne sois pas le seul à trouver cette montagne attirante, car l’Ama Dablam est le troisième « expedition peak » le plus grimpé au Népal.

Comme je suis déjà acclimaté à l’altitude, c’est en 4 courts jours de marche que nous atteignons Pangboche, la ville tout juste sous le camp de base. Nous faisons un arrêt au monastère de Tengboche afin d’y recevoir les bénédictions du Lama, mais malheureusement ce dernier est absent. Nous recevons tout de même, d’une gentille dame, du riz qui a été béni par le Dalaï-lama. Dans la tradition tibétaine et népalaise, ces biens bénits nous protègent contre tous malheurs. Je mets donc précieusement le riz dans une de mes poches espérant que la croyance est vraie! Pemba m’assure également que sa femme à Katmandou est allée voir un Lama pour qu’il nous bénisse pour l’ascension. Dans la tradition sherpa, les montagnes sont des dieux et déesses et on doit leur faire des offrandes afin qu’ils nous offrent leur sommet. Le Lama à Katmandou a donc fait ses offrandes à l’Ama Dablam pour nous. En espérant que la déesse (ou le dieu) nous laisse toucher son sommet!

À Pangboche, nous rencontrons notre sherpa de grimpe ( « climbing sherpa ») Gomba. Nous sommes entre de bonnes mains. Il a déjà atteint le sommet 2 fois et a participé à plusieurs expéditions sur des 8000m au Népal et au Pakistan. C’est le moment de vérifier le matériel : cordes, harnais, bottes, bouffe, ascendeurs… Tout est là. La météo est clémente et en ce moment les équipes en place sur la montagne atteignent le sommet sans trop de difficulté. Les risques d’avalanches sont de faible à nulle, bref des conditions parfaites. Nous avons de la chance, car ce ne fût pas le cas au printemps dernier où aucune expédition n’a atteint le sommet. Les conditions de glaces étaient mauvaises et très instables. Baignant dans cet optimisme, nous avalons les 3h de marche qui nous sépare du camp de base à 4800 m.

Camp de Base (BC) 4800m – Camp de base avancé (ABC) 5400m – Camp 1 5800m

Les tentes aux camp de base
C’est dans le confort d’un lodge, oui oui d’un lodge, que nous nous installons au camp de base. Hé oui, comme ce camp de base est de plus en plus dans l’itinéraire de certains trekkeurs (comme un peu celui de l’Everest) une famille de Sherpas à décider d’y construire un lodge pour les accueillir. Pourquoi aller dans les tentes alors J. En ce moment, bien qu’un peu tard dans la saison, il y a beaucoup de monde au camp de base. Plus de 60 tentes! En grande majorité, comme nous, ces grimpeurs vont s’attaquer à l’arrête sud-ouest. C’est la voie d’accès la plus « facile » au sommet. Elle comporte plus de 3 km de cordes fixes!

Le chemin entre le BC, l’ABC et le camp 1 est facile et ne pose que peu de difficultés techniques. Par contre, le chemin est long et c’est à ce moment que l’on est le plus chargé en victuailles. La première journée a donc été consacrée à faire un aller-retour entre le BC et l’ABC pour y monter une partie de nos 70 kg d’équipement. C’est un bon moyen également d’améliorer son acclimatation, car l’ABC se trouve à 600m au-dessus à 5400 m. Le lendemain, même histoire. On avale les 4h de marche qui nous sépare de l’ABC et nous montons une partie de la cargaison au Camp 1, 2h plus loin. Donc la troisième nuit (merci à l’acclimatation accumulée lors du trek de Gokyo) nous dormons au Camp 1, à 5800m, matériel en main et prêts pour la « vraie » grimpe. Le paysage est alors superbe, car des nuages s’installent dans la vallée, sous nous. On a une pensée pour les trekkeurs qui ne voit pas les montagnes, mais pour nous la scène est spectaculaire. Les montagnes dépassent comme des îles dans une mer de nuages.


Camp 1 5800m – Camp 2 6050m et la « Yellow Tower »

C’est entre le camp 1 et le camp 2 que commencent les cordes fixes et l’escalade à proprement dite. Gomba me fait remarquer qu’on a de la chance cette année, car normalement à partir d’ici l’usage des crampons serait nécessaire.. Cette année, que de la roche! Alors, on garde nos bottes d’approche. C’est entre le camp 1 et le camp 2 que l’on trouve une des passes les plus techniques de l’ascension : la «yellow tower ». Il s’agit d’une face verticale à bon coefficient de difficulté (5.8 pour les initiés) très exposée.  J’avais beaucoup entendu parler de ce passage. Même des grimpeurs expérimentés m’avaient dit qu’il y avait eu la frousse. Maintenant c’est à mon tour de voir…

Dans la "yellow tower"
C’est après 4h de grimpe, parfois très exposée à l'ouest de l’arrête, que nous atteignons la fameuse « Yellow tower » juste avant le camp 2. Bref, après en avoir entendu parler et parler, je trouve le passage plus tôt intéressant. 3 cordes y sont installées, mais on ne prend pas de chance. Gomba se lance le premier et descend ensuite notre propre corde pour attacher mon sac et par le fait même moi-même. Avec les ascendeurs, il m’a fallu un bon 10 minutes pour passer à travers les 15m de la tour. Il faut dire qu’à 6000m, les efforts en poussée verticale sont extrêmement taxant sur le rythme cardiaque et respiratoire et on doit prendre plusieurs pauses, car on est simplement à bout de souffle. Je n’ai pas regardé en bas J. Pour ceux qui me connaissent, j’ai le vertige et je fais justement de la grimpe pour vaincre tranquillement la peur. J’ai jugé qu’environ 1000m de précipice était un saut trop important dans ma lente amélioration avec cette peur! J
Camp 2 où le somnambulisme est déconseillé (6050m)

Bref, c’est après 5h d’escalade que nous atteignons le Camp 2, une minuscule péninsule rocheuse où seulement quelques tentes peuvent s’installer. On doit faire extrêmement attention pour aller aux toilettes ou se déplacer dans le camp, car les chutes sont longues des 2 côtés de l’arrête.

 Malheureusement, pas de place pour notre tente… Alors, on s’installe dans une qui semble vide. Au début je me sens mal à l'aise, mais Pemba me confirme que c’est pratique courante et qu’on ne doit pas s’en faire avec ça.

Rest day!
On sent la fatigue musculaire nous gagner tranquillement alors on opte pour une pose au camp 2 pour refaire nos forces et parfaire mon acclimatation.

Camp 2 6050m – Camp 3 6250m et le « Mushroom Bridge »

C’est maintenant à de l’escalade mixte que Gomba, Pemba et moi nous avons affaire. En effet, tout de suite après le camp 2 commencent les amoncellements de glace parmi les roches. La grimpe, toujours en étant exposée est très plaisante. On commence par monter dans un couloir qui a un très bon côté : il est à l’abri du vent. On commence à être haut et ça paraît. Le vent fouette et comme le fond de l’air est frais, ce n’est pas très agréable. L’air est également très sec, nous laissant souvent le soir avec une toux profonde.

Mon ami Nadav, au repos
Pemba dans le couloir
Donc comme je disais, le couloir est à l’abri du vent ce qui est très agréable. Les communications sont excellentes sans crier. À mi-chemin dans la montée on commence à recevoir des débris de glace en provenance du haut du couloir. On signale notre présence et ça semble se calmer. Quelques instants plus tard, des sifflements se font entendre. Un seul coup d’œil est nécessaire pour comprendre, des gros morceaux de glaces tombent d’en haut. Une seule solution, se coller contre la paroi, baisser la tête et attendre. Les sifflements donnaient froid dans le dos. Je peux vous dire que c’était très impressionnant et effrayant. Comme un bombardement à la guerre, c’est la seule idée qui me venait en tête, collé contre la paroi. Heureusement, ça n’a pas duré très longtemps et personne n’a été blessé!

Le "mushroom bridge"
Tout juste avant le « Mushroom Bridge », une autre avalanche de débris, mais cette fois de roches. Au moment où je passe un ancrage, quelque chose frappe mon sac avec violence et me fait pivoter. J’ai tout juste le temps de me retourner vers Pemba pour dire « A rock just hit my bag, I don’t know how big it… » Et bang une roche me frappe en plein sur le coude. Heureusement, plus de peur que de mal et un bon bleu en sera mon seul souvenir. J’étais content d’avoir mon casque à ce moment ! J

Quelque temps après, nous atteignons le « Mushroom bridge » la dernière partie technique avant le sommet. Très peu de grimpeurs parlent de cette section en comparaison avec la « Yellow Tower ». Pourtant, j’ai trouvé cette partie franchement plus effrayante! Il s’agit d’environ une cinquantaine de mètres où l’arrête et très mince et recouverte de glace. Parfois, il y a à peine de la place pour ses 2 pieds. Comme on est sur l’arrête, on est également balayé par les vents puissants. De chaque côté de l’arête, le précipice. Cette fois, pas le choix de regarder en bas, car on doit se concentrer pour ne pas s’embourber dans ses crampons et trébucher. C’est étourdissant et on ne veut pas tomber là. Les ancrages sont très distancés et au grand dam de notre sherpa de montagne Gomba, cette année les cordes fixes installées là sont statiques (c'est-à-dire que la corde ne s’étire pas sous le choc). La chute aurait donc été pénible…

Finalement, 4h15 plus tard nous atteignons le camp 3, bien content d’avoir passé toutes les parties techniques. Maintenant, il ne reste plus que de l’escalade de glace sous et par-dessus le Dablam (le glacier suspendu au-dessus du camp 3).

Camp 3 6250m - « Summit Push » et descente

Le Camp 3 est exposé aux vents et toute la nuit, la tente fouette rendant le sommeil difficile. Au réveil à 4h30, la journée du sommet, j’ai mal au ventre. Malheureusement, une bactérie que j’ai dans l’estomac depuis quelque temps semble s’être réveillée au mauvais moment. Au mauvais moment, car à 2 reprises je dois aller aux toilettes dans le froid glacial! Pas très agréable !

Ma plus haute photo. Je suis à genoux et déclare forfait!
Bien que je me sente mal, on se prépare et on commence à avancer à l’aube sur la montagne. 3-4h sont nécessaire pour atteindre le sommet du camp 3. Peu de temps après le départ, je dois déclarer forfait. Tout mon sang est dans l’estomac, j’ai mal au cœur et je suis faible. On doit faire demi-tour. Toute mon énergie a été nécessaire seulement pour retourner au camp 3. Pemba m’annonce la mauvaise nouvelle. On n’a pas de vivre pour tenter une autre poussée au sommet et il faut descendre, car dans l’éventualité où mon cas s’aggraverait, les secours sont difficiles voir impossible au camp 3. Je rassemble donc toutes mes forces et on amorce la descente jusqu’au camp 1. On arrive au Camp 1 après environ 6h de descente. Je suis épuisé, mais heureux d’être sain et sauf.  Le lendemain nous descendons jusqu’au camp de base où je trouve de la médication pour mon virus.

Malheureusement, pour plusieurs raisons nous ne pouvons tenter une deuxième ascension.  Évidemment, j’ai tourné le dos au sommet avec tristesse. Après avoir investi autant d’effort dans un rêve et devoir y renoncer si près du but me déchire le cœur. Par contre, j’ai effectué la descente la tête haute, fier d’avoir accompli les parties techniques de l’ascension et surtout d’avoir rempli mon but premier : être de retour à la maison. Comme disait Edmund Hillary « Ce n’est pas le sommet que nous avons conquis, c’est nous même ». C’est totalement vrai. C’est dans ces conditions difficiles que l’on réfléchit beaucoup sur soi, qu’on se découvre. Le chemin pour moi a été rempli d’expériences, de leçons enrichissantes qui sommet ou non, resterons avec moi.

À Bientôt Ama Dablam, la prochaine fois, on va se rencontrer au sommet J


P.-S. Pour la petite anecdote, les beaux nuages que nous avons vus dans la vallée ont causé bien des maux de tête aux voyageurs. Pendant 7 jours, les vols vers Katmandu ont été annulés. Plus de 1500 voyageurs étaient pris dans la petite ville de Lukla. Les lodges étaient bondés, les gens dormaient devant l’aéroport pour essayer d’être les premiers à voler. Des gens pleuraient, s’attaquaient au personnel des compagnies aériennes et il y a même eu une vitre de brisée. Heureusement, nous sommes arrivés une fois la météo meilleure et cette cohue passée. Si vous prévoyez un voyage dans la vallée, donnez-vous quelques jours d’extra entre le vol de Lukla et votre vol international. Ça va vous éviter de pleurer au comptoir ;-)

Gokyo


C'est octobre, lai saison touristique!
Vers la mi-octobre, c’est avec plaisir que j’ai accueilli mes parents à Katmandou. J’étais bien content de les voir en santé après ce long voyage autour du monde!
C’est avec eux que j’irai marcher dans le Solukhumbu, plus précisément dans la vallée de Gokyo, la vallée juste à l'ouest de l’Everest. (Voir l'onglet Itinéraire Trek Gokyo)

Il faut savoir qu’il y a 2 manières pour se rendre dans la vallée. La première, moins empruntée, est de se rendre en bus à la ville de Jerri et de là, marcher jusqu’à Namche Bazaar. Le trajet dure en tout 9 jours, ce qui le rend plutôt impopulaire auprès des touristes. La deuxième option, largement utilisée, est de prendre un vol de 40 minutes, qui vous emmène à 2 jours de marche de Namche. Par contre, cet aéroport (qui soit dit en passant est complètement craque-pot), où l’on ne peut qu’atterrir à vue, est souvent assujetti aux changements météo. Quand cela arrive, et bien ça cause des maux de tête aux voyageurs. Dû au temps serré de mes parents, nous avons pris l’option du vol.

La fameuse piste de Lukla
Et bien pas de chance cette fois, on a été victime de la mauvaise température inhabituelle à cette époque (souvenez-vous des nuages inhabituels sur le circuit de l’Annapurna). Le jour de notre départ, seulement quelques vols ont pu atteindre l’aéroport de Lukla. Nous n’avons donc pas quitté le sol de l’aéroport. Certains avions ont décollés et revenus, 1h plus tard, après avoir attendu en vain dans les airs une ouverture dans les nuages. La mauvaise météo a duré quelques jours et nous étions toujours pris à Katmandou. Nous avons donc décidé d’avoir recours à un hélicoptère, car le trek de mes parents était sur le point d’être compromis. C’est alors que nous avons vu la cohue qu’avait causée la mauvaise météo dans l’aéroport. Il y avait des valises et des gens à la pelletée. C’est donc sans peine qu’on quitte ce chaos pour tranquillement voler en Hélicoptère. Le vol qui a duré 1h était fantastique. On volait plus lentement et plus bas, nous laissant le loisir de regarder la campagne népalaise. Arrivée à Lukla, la vue était imprenable. Comme nous pouvions voir devant nous, on a pu voir la piste absolument incroyable. Très courte, très inclinée et surtout avec un mur au fond. D’ailleurs il y a un mois, un avion a manqué de freins et est venu s’écraser contre le fameux mur. Heureusement, aucun blessé.

C’est donc avec plaisir que nous avons commencé la marche en montagne loin des klaxons et des vendeurs de Thamel. Le ciel a été couvert le premier jour de la marche, pour ensuite laisser place à un ciel plus clément. C’est en jasant avec les trekkeurs en descente qu’on a appris que pour eux, la météo n’a pas été aussi clémente. Durant les 2 dernières semaines, beaucoup de nuages et  parfois de la pluie en après-midi. Décidément, un bizarre d’automne qui normalement, affiche un ciel bleu du lever au coucher du soleil. Réchauffement planétaire?



C’est en 9 jours de marche que nous avons atteint les lacs de Gokyo. Endroit, pour notre famille qui revêt un caractère particulier, car c’est ici qu’en 2002 ma sœur Alexandra est décédée. Bien que le trek ait été difficile pour mes parents, ils sont arrivés en bonne santé. Je suis content qu’ils soient là et je suis également très fier d’eux, car je ne sais pas si moi, à leur âge, je serais capable de faire un tel exploit physique.


C’est donc avec émotion que nous avons pris place dans le même lodge et la même chambre que ma sœur l’avait fait, 8 ans plus tôt. Bien que ce soit la deuxième visite pour ma mère et moi, on trouve toujours l’endroit aussi paradisiaque, avec son lac bleu turquoise à l’eau de glacier.

De Gokyo, on peut accéder à une petite colline appelée Gokyo-Ri qui donne une vue imprenable sur l’Himalaya. La vue était tellement belle que j’y suis retourné 2 fois. Le jour de notre arrivée a Gokyo avait lieu le premier coucher de soleil sans nuages de la saison. Alors malgré la fatigue de la journée, je suis monté pour aller observer la belle couleur rougeâtre apparaître sur les montagnes, en particulier l’Everest. C’est un des plus beaux panoramiques que j’ai vu dans l’Himalaya jusqu’à présent.

Le lendemain, mon père se sentait d’attaque à son tour alors nous sommes partis ensemble monter Gokyo-Ri. Avec un effort soutenu, malgré ses 2 hanches artificielles, mon père a atteint le sommet à 5360 m! J’étais très fier de lui. Comme récompense, il a eu droit au même panoramique époustouflant, de jour cette fois. De Gokyo-Ri, on peut voir 4 des 14 8000m de la planète (Everest, Makalu, Cho Oyu et Lhotse).




Le lendemain, au moment du départ, je me suis déplacé à l’autre bout du lac afin de voir si le cairn que Mathilde et moi avions construit était toujours là. Ces cairns (tas de pierres littéralement) sont une tradition pour souligner la mort d’un membre de la communauté ou encore simplement pour indiquer le chemin. Il a été difficile pour moi de retrouver ce fameux cairn construit 2 ans plus tôt. Alors, j’ai décidé d’en construire un nouveau, cette fois plus en retrait et dans un endroit particulier. De cette manière, si jamais je retourne un jour dans la vallée, je vais pouvoir le retrouver! Alors, j’ai mis tous mes talents de bâtisseur de cairn à l’œuvre pour construire celui de ma sœur. C’était mon petit moment pour elle.

Notre but atteint, il était temps de redescendre. C’est donc le cœur gros que nous avons quitté Gokyo, petit paradis riche en émotions… 




15 octobre 2010

Trek de l’Annapurna : de Jomsom à Nayapul en passant par A.B.C.

Après Jomsom, nous avons pris le chemin des camions pour nous rendre à Tatopani, point de bifurcation vers le sanctuaire de l’Annapurna. Nous n’avons croisé que peu de bus et camions, car la route était coupée à plusieurs endroits par des glissements de terrains. Impressionnant à voir, on espère qu’il n’y avait personne dessous quand c’est arrivé! A un moment donné, Pemba (notre guide) nous a demandé si on voulait prendre le bus jusqu’à Tatopani. Probablement parce que la route et le paysage n’étaient pas si beaux que ça. Non, non, nous voulions marcher! Comme ça on peut dire qu’on a fait le tour du massif à pied! :p

Nous sommes arrivés à Ghorepani en trois jours de marche au lieu de 4 prévus. Nous avons donc décidé de prendre une journée de repos pour nous remettre de ces grosses journées. Ce jour là, nous nous sommes levés à 4h30 du matin pour grimper la colline Poon (hill), qui se trouve à 3200m, quelques 350m plus haut que Ghorepani. Le but était d’arriver avant le lever de soleil pour le voir sur les géants de l’Annapurna : Daulaghiri, Tukuche peak, Annapurna sud, Annapurna I, Huin Chuli, Machupuchare… Ce fût un beau réveil, que nous avons apprécié avec quelques milliers de personne (!), saison touristique oblige. Le reste de la journée a été consacré à reposer les muscles.

Puis nous sommes partis en direction du sanctuaire de l’Annapurna. Le soleil, quoique bien présent et bien chaud pour marcher, n’a pas chassé les nuages des sommets. Ils étaient donc cachés une bonne partie de la journée, soit par des nuages, soit par la configuration du terrain. Heureusement, le matin il faisait tout le temps clair, de même que certains soirs, les montagnes nous tenaient alors compagnie; très agréable lors du déjeuner (ça donne de l’énergie pour la journée!). Mis à part quelques milliers de marche à monter et à descendre, des vallées à traverser en passant par le pont qui se trouve au niveau de la rivière et la chaleur parfois un peu étouffante pour une altitude supérieure à 2500m, le chemin était plutôt facile! Nous sommes arrivés au camp de base de l’Annapurna (A.B.C.) sans trop nous presser, contrairement à la grosse majorité des gens. Comme c’est la saison touristique et qu’il n’y a que peu de lodges sur le chemin, il n’est donc pas garanti d’avoir une chambre à destination, si on arrive après 14h. 
C’est pourquoi les gens n’avaient pas vraiment l’air d’apprécier le paysage, mais plus de courir vers leur prochaine destination. De notre côté, le porteur de Mathilde partait avant nous le matin et courait devant, ce qui nous assurait une place où dormir en arrivant! Ainsi, le chemin jusqu’à A.B.C s’est fait de façon bucolique! Une fois sur place, nous avions grand hâte au lendemain, car à l’heure d’arrivée les nuages avaient recouvert la place et nous barraient la vue. Encore un réveil à 5h du matin pour voir le soleil se lever sur le massif de l’Annapurna. 
On a pu admirer Annapurna I côté sud (après l’avoir observer côté nord du haut de notre sommet), la face la plus prisée pour atteindre le sommet, car la plus « facile ». Honnêtement, on s’est longtemps demandé par quel chemin les alpinismes pouvaient bien passer pour atteindre le sommet! A la vue de cette face escarpée presque verticale, on comprend pourquoi c’est un des 8000 les plus dangereux. Les nombreuses plaques commémoratives au sanctuaire pour les disparus nous le rappellent bien. Et pourtant, ce fût le premier 8000 conquis en 1950 et par la face nord en plus! Nous avons aussi tourné la tête à droite et à gauche pour admirer Annapurna sud, Huin Chuli, Singu Chuli, Tent peak, Machapuchare... Les montagnes étaient aussi majestueuses qu’à Poon Hill, quoique peut-être vues d’un peu trop près pour en apprécier toute la grandeur.

Après ce début de journée dans les hauteurs, pas de repos, mais une longue marche vers le bas en direction de Chomrong! Ça avait l’air loin, mais on était motivé et au dîner, cette décision fût arrêtée. Malheureusement, une petite heure plus tard, une énorme pluie d’orage, qui se confondait avec une pluie tropicale, nous est tombée dessus. Il a fallu s’arrêter sous un arbre et espérer que ça passe vite, car notre guide n’avait ni parapluie, ni manteau de pluie, ni bâche pour protéger son sac. Il avait tout laissé à Chomrong en partant pour A.B.C. pour avoir un sac plus léger, au cas où il eu fallu courir pour s’assurer une chambre sur le chemin. 50min plus tard, on commençait à être frigorifiés, les affaires de Pemba étaient trempées et la pluie était toujours aussi forte. Nous avons donc décidé : autant marcher! Ça n’a pas pris 5min que nous étions trempés à essorer et complètement gelés. Avec Jean-Philippe, on se disait qu’on allait s’arrêter une ville plus tôt (Sinuwa), car Chomrong était devenue trop loin pour être atteinte avant la nuit. Mais non, parce qu’on trouvait ça plate que Pemba n’ait que des affaires mouillées et qu’on était sûr que la bouffe était bonne à destination, on a marché jusqu’à Chomrong. On est arrivé à 18h15, juste après le coucher du soleil. Certes la journée fût très longue, mais au moins, les marches de Chomrong ont été montées sans soleil (40min de montée en escalier), c’est un plus non négligeable!

Après cette journée épuisante, plus rien de notable, sauf peut-être un énorme serpent de quelques 3 mètres de long (on en a vu environ 2m) qui nous a beaucoup effrayé (même notre guide a eu peur, c’est pour dire…), une sangsue sous mon (Mathilde) aisselle parce que j’ai laissé passer une caravane d’âne et que j’ai mis le bras dans l’herbe!, une belle glissade sur les marches mouillées (rien de grave, rassurez-vous) et le fait que je suis, de moi-même, entrée dans les orties après la chute pour laisser passer les gens!

Ceci clos ce superbe trek de presque 30 jours et 350km qui nous a fait tourner autour du massif de l’Annapurna. Nous avons ainsi pu admirer les montagnes sous toutes leurs coutures. Nous sommes de retour à Katmandou et sa civilisation, qui nous fait regretter le calme et la beauté des montagnes. Mathilde s’en va dans quelques jours, laissant Jean-Philippe dans les montagnes pour d’autres aventures.

Trek en chiffres :
Nombre de jours de marche : 29
Nombre de kilomètres marchés : 350km environ
Nombre de marches montées/descendues : quelques milliers
Plus grand dénivelé en montée : Tatopani – Ghorepani = +1700m
Plus grand dénivelé en descente : A.B.C – fond de la vallée entre Sinuwa et Chomrong = -2500m
Plus grande journée de marche : 26 septembre, jour du sommet = 7h30
Plus petite journée de marche : 2 octobre Poon Hill = 1h30
Nombre de nuit en tente : 4
Dénivelé positif total approximatif monté : 10000m
Point le plus bas : Bhulbhule = 840m
Point le plus haut : Pemba peak = 5800m environ
Dodo le plus bas : Nagdi = 920m
Dodo le plus haut : Tilicho lake high camp = 5200m environ

Anecdotes :
Orties : Pour ceux qui ne connaissent pas, l’ortie est une plante fortement urticante. Le simple fait de toucher une feuille donne une forte sensation de brûlure sur la peau et parfois de petits boutons et une sensation de démangeaison. Ça passe en environ 15 minutes, mais ça semble long quand on a l’impression d’être brûlé!
Nicolas, comme Jean-Philippe avant l’Inde, n’avait jamais vu, ni donc touché d’orties avant de faire le trek. Lors d’une pause, il y avait un joli plant bien touffu à côté de nous. Jean-Philippe a assez titillé Nicolas pour que la fierté masculine embarque et qu’il aille de lui-même mettre un coup de pied dans le plant pour expérimenter la sensation! Le premier coup ne fit qu’effleurer les feuilles et Nicolas répondit : « C’est pas si pire! » Jean-Philippe lui dit d’avoir un contact plus franc avec la plante et là on a entendu un cri « aaaaaaah, ça brûle! » On a bien rigolé, les porteurs qui assistaient à la scène aussi!
Deuxième épisode avec les orties : on s’était mis sur le côté de la route pour laisser passer une caravane d’âne bien chargés. Malheureusement, un âne a légèrement dévié de la trajectoire suivi par le reste du groupe et est venu poussé Jean-Philippe… juste dans les orties!
Dernier épisode : vous le connaissez déjà, c’est celui où Mathilde rentre dans les orties après sa chute!

Changement d’itinéraire : Vous vous souvenez sans doute que nous avons décidé de ne pas faire le sommet Chulu ouest, mais plutôt d’en tenter un autre près du lac Tilicho. C’était a priori pas un problème parce qu’on avait deux tentes : une pour les porteurs et guide et une pour nous et assez de bouffe pour au moins 5 jours… Le premier soir, après s’être installé dans notre tente, on a constaté qu’elle était limite pour 3 et que le grand Nicolas touchait la tente avec la tête et avec les pieds une fois allongé. Nicolas est alors sorti prendre l’air et Pemba, lui a demandé si tout était OK avec la tente… Il est revenu vers nous un peu gêné et nous a expliqué : « Man, ils sont 4 dans une tente de 2!! J’ai pas osé lui dire que notre tente était trop petite! » Eh oui, pour des raisons comprises uniquement par notre guide, seule une tente de 2 était prévue pour porteurs et guide! Ils se sont donc retrouvés entassés à 4, avec seulement 2 matelas de sol et 2 sacs de couchage pendant 4 nuits… Et comme, il y avait plus de bouches à nourrir, le dernier matin, nous avons juste eu droit à un bouillon avant le 5h de descente vers Jomsom! Heureusement que la météo a été favorable pour aller au sommet, car on n’aurait pas attendu un jour de plus! :)
 
Pot : On a retrouvé les plants de Marijuana du film « La plage ». Ils ne sont pas en Thaïlande, ils sont dans la vallée de l’Annapurna!! Il y en a partout et en grande quantité, let’s do bussiness!! :p