Parc national de Chitwan

Tel que mentionné dans le message précédent, j’ai mis de côté le Tibet et le Bhoutan pour le reste de mon voyage. Il me restait donc 2 semaines pour profiter du Népal avant mon retour. Après avoir profité du confort de Katmandou pour regagner les kilos perdus en montagne, j’ai quitté la capitale en direction du sud du Népal, le Teraï.
Comme je voulais avoir un peu de liberté là-bas, j’ai décidé d’y aller à moto. Il y est impossible d’y aller à Scooter à cause de l’état des routes alors je dois louer une petite moto. Il faut dire que je suis un peu hésitant, car je n’ai pas mon permis… Mais bon je me dis que si on m’arrête, les policiers ne comprendront rien à mon permis québécois. J’ai juste à avoir l’air convaincu et ça devrait passer, haha! C’est donc dans le chaos de Katmandu que j’ai appris à conduire ma première moto. Une fois sortie de la grande ville, je ressentais 2 sentiments vraiment distincts : de temps en temps une belle liberté en roulant tranquillement dans de magnifiques paysages vallonnés et par moment une peur bleue. Bien que ce ne soit pas le premier pays asiatique dans lequel je conduis, je dois dire que le Népal se classe bon premier en conduite effrayante. La « highway » qui serait pour nous une route limitée à 70km/h est parsemée de camions lourds qui roulent à basse vitesse. Il y a donc beaucoup de dépassement où il n’y a que peu de visibilité (très vallonné comme j’ai dit). Étrangement, il semble que la priorité soit donnée à celui qui dépasse, cherchez à comprendre… Donc plus d’une fois, j’ai été obligé d’aller dans le petit accotement pour éviter la collision frontale. Rajoutez à ça des routes qui nécessiteraient parfois un motocross plutôt qu’une moto, de la poussière et bien c’était inévitable je me suis planté J Lors d’un dépassement, j’ai frappé un trou et je suis passé par-dessus le guidon. Merci à mon sac à dos et mon casque, je n’ai eu que quelques égratignures et une bonne frousse.



Le Teraï, qui veut dire « plaine » en népalais, porte bien son nom. Cette bande de terre de 50 km de large qui traverse le Népal d'est en ouest est complètement plate. Elle est également très basse, entre 110 et 850m d’altitude. Quel contraste quand à une centaine de km seulement sont situés les plus hauts sommets du monde! Si je n’avais pas vu les montagnes de mes yeux vues, je n’y croirais pas…
Après quelques heures de moto, je me suis arrêté aux abords de la réserve naturelle de Chitwan, la plus grande en son genre au Népal. On y retrouve plusieurs animaux et de nombreux oiseaux, certains visibles uniquement dans cette réserve. Pour visiter la réserve, j’ai pris un forfait tout inclus (il faut être paresseux parfois). Au final, ce n’était pas si mal. On a fait un peu de canoë, de la marche en forêt et oui, une balade à dos d’éléphant haha! On a pu apercevoir quelques rhinocéros d’Asie à une corne, des cerfs tachetés, des paons et un Kingfisher (un célèbre oiseau qui donne son nom à une compagnie aérienne et à une bière). On a également fait un arrêt à la rivière pour regarder le bain quotidien des éléphants. Très drôle de voir ces grosses bêtes s’amuser dans l’eau comme de jeunes enfants.
Championnat international de polo sur éléphant

Coup de chance également, j’étais à Chitwan pendant le Championnat international de polo sur éléphant. Il y en a 3 par année, un au Sri Lanka, un en Inde et un au Népal. Oubliez les stades, oubliez les foules; le championnat avait lieu dans un champ tout près d’un resort qui en était l’organisateur. On comprend vite que ce n’est pas un sport très sérieux, car personne ne peut le pratiquer dans sa cour. Il s’agit plutôt de groupe d’amis venus d’un peu partout sur la planète qui compétitionnent ensemble pour le plaisir. Athlètes ou non, c’était quand même très drôle à voir. Ils sont 2 sur l’éléphant : le mahout (le conducteur) et le joueur. Le jeu est très lent et incohérent, mais tellement drôle. Qui veut former une équipe canadienne?
Orphelinat

Originalement, j’avais pensé me diriger ensuite vers Pokhara pour aller y faire du bénévolat. Après mon expérience à moto sur les routes du Népal, je me suis dit qu’il serait peut-être plus sage d’éviter de faire trop de moto. J’ai donc trouvé dans la ville de Sauraha (ville annexée au parc naturel de Chitwan) un centre d’aide pour enfants et femmes en difficultés où je suis resté 1 semaine. Au programme, aide aux devoirs des enfants, discussion en anglais et bien sûr plein de jeux! Pas de paysage à couper le souffle cette fois, mais une bonne dose d’amour! Ces enfants ne voient pas d’étranger très souvent alors ils donnent toute leur affection J Mes journées étaient libres alors j’en ai profité pour aller refaire quelques activités dans le parc de Chitwan, me balader à moto dans la campagne et relaxer. Ça faisait du bien de ne pas avoir à marcher J J’ai rapidement pris le rythme de cet endroit paisible et le quitter m’a rendu bien triste. Alors que je commençais à mieux connaître les enfants, je devais déjà les quitter… C’est d’humeur nostalgique que j’ai donc enfourché ma moto pour retourner dans la capitale.
Conclusion
4 mois après notre départ de France, ce dernier voyage à moto marquait la fin de mon aventure dans l’Himalaya. Je tire ma révérence le cœur gros, triste de quitter le pays qui m’a offert tant de sourires et d’émotions. J’ai longtemps pensé à comment vous faire part d’une conclusion sur mon voyage, mais j’en suis incapable. Il est difficile d’écrire quelques lignes qui résument toutes ces aventures et rencontres. Une chose est sure par contre, tous ces souvenirs restent pour moi des trésors qui je l’espère, me seront utiles une fois de retour dans ma vie « normale » J
Anecdotes
Poutine : De retour du championnat de polo sur éléphant, je me suis arrêté dans un petit restaurant au cœur de Sauraha. J’ai failli tomber en arrière quand j’ai vu de la poutine sur le menu!! Je demande si le propriétaire est canadien, même pas. Et bien mes craintes étaient fondées, ce n’était pas très bon. La sauce était épicée et le fromage n’était pas en grain! Mais c’était trop drôle de déguster ce met de Drummondville, à l’autre bout de la planète.
Dal Bhat : Le Dal Bhat est le plat national des Népalais. Il s’agit d’un riz accompagné d’une soupe aux lentilles et d’un curry aux légumes. J’ai lu dans un restaurant que 20 sur 23 millions de Népalais mangeait ça 2 fois par jour. J’ai eu l’occasion de vérifier cela à l’orphelinat et effectivement, ce plat est l’unique plat du déjeuner au souper. Pas besoin de se poser de questions. Heureusement, le couple responsable a eu pitié de moi et j’avais le droit à des œufs le matin. Dieu merci…
Concessionnaire : Comme je vous ai dit, lors de ma chute, j’ai endommagé ma moto et j’ai dû la faire réparer chez le concessionnaire. J’ai du changer 2 pièces pour 1h de main d’œuvre. Et bien sur ma facture, j’ai été chargé 1.5$ de main d’œuvre !! On est loin des 60$ du Québec…
Rhinocéros : Lorsque je visitais une partie du parc en compagnie du propriétaire de l’orphelinat, j’ai eu une rencontre plutôt spéciale avec un rhinocéros. On roulait tranquillement à moto dans les chemins du parc quand soudain, je regarde sur ma gauche et je vois un rhinocéros sur le bord du chemin à quelques mètres seulement. Je ralentis pour regarder l’animal. Ben lui il n’a pas apprécié, Il a levé la tête et lâché un gros soupir qui m’a dressé le poil sur le dos. Il faut faire vraiment attention à ces bêtes, car chaque année, il y a des incidents où des rhinocéros chargent les touristes. Alors, j’étais bien chanceux d’avoir ma moto et j’ai filé un peu plus loin. J’ai pu le regarder un bon moment, assis sur ma moto, prêt à déguerpir s’il n’était plus content de me voir J