25 mai 2008

Histoire de portable

Nous voilà revenu du trek, wow tout à bien été, pas de problème. Erreur de défier la loi de Murphy… Une fois rentré dans la chambre on allume le portable et bang l’ordinateur reboot tout seul. Bon un bug de Windows; mais non, l’ordinateur ne s’allume pas plus loin que le bios… Après avoir lancé l’ordinateur partout en pensant qu’il avait été cogné, je (JP) décide d’ouvrir le portable mais pas de tournevis étoile. Et voilà, commence la chasse au trésor. Prépare le sac pour sortir, met un pack d’eau à l’intérieur : « Hé, il fuit! » Je balance le pack d’eau dans l’évier énervé et je sors chercher le tournevis. « Non on n’a pas ça ici, mais peut-être la bas en bas de la rue », combien de fois on a entendu cette phrase. Finalement exaspéré, je rentre dans un magasin d’appareil photo demandé pour ce foutu tournevis. Le vendeur me montre le sien, je le négocie et j’achète son tournevis 1.50$. Une fois de retour, incapable de faire marcher le portable. Je reçois quelques fois des messages comme quoi il y a un problème de ventilateur. Entre temps, Mathilde a inspecté le pack d’eau, remis le joint en place et il fuit plus! Le lendemain matin, je me décide : je décapite l’ordinateur pour atteindre la fan (j’avais jamais démonté un ordinateur portable auparavant). Avec l’aide de Mathilde (qui se rongeait les ongles de voir son portable en miettes) on atteint finalement le ventilateur et on en sort un morceau de poussière digne de King-Kong. Une fois le portable remis en pièce, ça fonctionne!! L’euphorie s’empare de la chambre et nous pouvons finalement vous envoyer ces quelques lignes. Comme quoi on apprend la débrouillardise en voyage et qu’un tournevis à 1.50$, ça peut sauver des portables.

À la conquête des géants…

Mathilde et moi nous sommes creusé la tête à savoir comment présenter notre trek, la partie la plus physique de notre voyage, de façon brève et complète à la fois. Nous avons donc décidé de séparer le blog en section. De cette façon, vous pouvez lire ce qui vous intéresse ou encore le tout pour un récit complet ! :)

Le départ et l’avion
Debout à 5h, le 9 mai, afin de ne pas rater notre vol en destination de Lukla, une petite municipalité situé à quelques kilomètres du parc Sagarmatha himalayen. Dans l’avion de la compagnie Agni Air (air feu, rassurant…), nous avons droit à un caramel ainsi qu’à des ouates pour les oreilles. Le vol est tout simplement incroyable, l’avion vol dans une vallée à ras les arbres wow, superbe. Nous avons atterri sur une piste face à une falaise. Aucune tolérance à l’erreur pour le pilote. Ce petit aéroport acceuille 55 vols en moyenne entre 7 et 11h du matin. Impressionnant!

L’itinéraire
Comme j’ai mentionné plus haut, le départ du trek c’est fait de la municipalité de Lukla (2850 m). En deux jours, nous sommes arrivés à la « capitale » des sherpas, Namche Bazar (3440 m). À cette altitude, les symptômes du mal des montagnes commence à se faire ressentir et un jour d’acclimatation est obligatoire. Durant cette journée, nous avons visité les municipalités aux alentours. Dans l’une d’elle se trouvait un hôpital pour les gens locaux (et les touristes après avoir payé la consultation de 50 USD) construit par Sir Edmund Hillary, premier homme à avoir conquis l’Everest. Cet homme est d’une grande générosité, et on lui doit plusieurs installations modernes dans le parc Sagarmatha.
La première destination atteinte est Gokyo (4750 m). Cette destination revêt un caractère spécial pour moi, car c’est ici que ma sœur est décédée il y a de ça déjà 5 ans et demi. La place est réellement magnifique; ça ressemble à un oasis de paix avec son lac vert turquoise. Le lendemain, nous avons profité de la matinée pour grimper le mont GokyoRi qui trône à 5360 m. De ce point de vue, on voit un panoramique complet du parc, la frontière avec le Tibet ainsi que l’immense glacier Ngozumba situé derrière Gokyo que nous avons été voir la vieille. Nous avons quitté Gokyo en laissant un petit monument de pierre à la mémoire de ma sœur, tradition sherpa lorsqu’il y a décès d’un des leurs.
Maintenant, destination le pied de l’Everest. Par contre, nous sommes de l’autre côté de la vallée, et pour y accéder, nous devons traverser le col de Cho La (5330 m) que nous avons affectueusement appelé le mur. Au programme, une heure de grimpette dans la neige et les roches. Pas besoin de dire à quoi ressemblait ce col qui en son sommet hébergeait un glacier. Notre guide nous a fait la remarque qu’il y a 2 ans, 2 personnes avaient dévié du chemin prescrit, et c’était perdu à jamais dans une crevasse. Notre guide Rabi riait en nous disant que les 2 corps s’y trouvaient probablement encore… morbide!
Quelques jours plus tard, nous avons atteint le camp de base de l’Everest (5360 m). Supposément inintéressant à cause du panorama plutôt ordinaire, mais nous avons trouvé enthousiasmant de voir toute cette organisation et ces 35 expéditions prêtes à partir pour le sommet du monde.
Le lendemain matin 5h, nous avons grimpé Kala Patthar (5545 m) afin d’avoir le plus beau panoramique de tout notre trek. Nous pouvions enfin admirer l’Everest sans nuage. Nous avons mis 1h30 à grimper cette colline et « y’en avait pas d’facile ». C’était le point le plus haut de notre voyage (49% de la pression atmosphérique standard) et poétiquement, on pouvait dire qu’on était entre la mer et l’espace… ouuu c’est beau.
En descendant, nous avons fait une pose dans un monastère bouddhiste où nous avons pu voir une cérémonie, la dernière de la journée. Les moines interprétaient des chants accompagnés de rythme d’une pseudo cuillère. Tout cela nu pied, dans un froid glacial et humide. A chaque pause, ils buvaient ce qu’on pensait être de la soupe aux légumes, mais qui est en réalité un mélange de lait, de beurre et de sel! Beuhhhh

Le trek en chiffres
Nombre de jours de marche : 15
Nombre de jours de montée : 11
Nombre de jours au-dessus de 4000 m : 10
Point le plus bas du trek : Phakding - 2640 m
Point le plus haut du trek : Kala Patthar - 5545 m
Plus petite journée de marche : 2h (en montant)
Plus grande journée de marche : 6h (entre 5000 m et 5360 m)
Plus grand dénivelé en montant : 630 m
Plus grand dénivelé en descendant : 1200 m
Plus bas dodo : Monjo - 2815 m
Plus haut dodo : Gorak Shep - 5185 m
Ce qu’on a vu de plus haut : Mont Everest - 8848 m

Anecdotes
Transport : Une fois à Lukla, le moyen de transport motorisé n’existe plus. Tout ce qui se trouve dans ces montagnes (nourritures, boissons, planches de bois pour la construction, pierres…) est amené a bon port à dos d’hommes et d’animaux. Un sherpa peut porter sur sa tête jusqu’à 75kg! Alors qu’un Yak ou un Zopkio ne peut porter que 60kg!! La différence est en réalité due à l’encombrement de la charge sur le dos d’une bête, qui si elle en portait plus ne passerait plus dans les petits sentiers de montagne et les ponts suspendus.

Prix : A cause du mode de transport, plus on monte, plus les prix sont élevés. Donc histoire de faire attention au budget, pas question de dépenser pour du superflu. Mais voilà, arrivés à Namche, Jipi a eu une rage de dents. Et moi, pour ne prendre que le strict minimum, j’ai laissé la soie dentaire à l’hôtel!! Résultat, parcours de Namche pour trouver de la soie, qui s’avère trop cher. Retour à la chambre, fouille dans le kit de premier secours et trouve un kit de couture… JiPi décide de prendre un bout de fils, de le nettoyer au Purell et de se le passer entre les dents. Ça marche! Excellent pour remplacer le fil dentaire, quoique plus fragile :p

Faune : Dans ces montagnes, nous avons croisé des oiseaux des neiges, des canards oranges et jaunes ainsi que des yaks, gentiment surnommé la vache à cornes de l’Himalaya. Tous ces animaux ont la particularité de ne pas pouvoir vivre en dessous de 3500/4000m, sinon ils meurent parce qu’ils ont trop d’oxygène! Et dire que nous qui vivons au niveau de la mer, nous cherchons à aller le plus haut possible, là où on manque d’oxygène! Je (Mathilde) me suis demandée lequel de nous ou des animaux avions le plus d’instinct de survie…
Poêle : Dans toutes les loges où nous avons été, la salle à manger était chauffée à l’aide d’un poêle au milieu de la pièce. Seulement voilà, au dessus de 4000m, il n’y a plus d’arbres, donc plus de combustible à mettre dans le poêle. Mais les sherpas ont pensé à tout, pour se chauffer, le yak fournit un très bon combustible : sa merde!! Ça fait pas propre mais ça chauffe drôlement. Pour que le caca soit de meilleure qualité, il est récupéré en été et séché au soleil, pour être ensuite utilisé l’hiver.

Santé : On nous avait dit qu’en altitude il y avait le mal des montagnes : mal de tête, étourdissement, vomissement, pertes d’appétit… Mis à part quelques légers maux de tête de temps en temps, nous n’avons rien eu de tout cela. Qu’est-ce qu’on est fait fort! A la place, j’ai (Mathilde) eu droit à des cloques assez étranges sur les doigts, dues soit à un virus dans l’eau des montagnes, soit au froid (peut-être des engelures). Mais rassurez-vous, c’est parti maintenant. Et Jean-Philippe… n’a rien eu!! Oui oui vous avez bien lu, il a juste eu un peu mal à la tête J

Fautes de langage : Tous les Népalais apprennent l’anglais à l’école, donc sont tous plus ou moins bilingues. Par contre le respect de l’orthographe laisse à désirer en haute altitude, mais on leur en veut pas, on les comprenait pareil :)
Ex : tolet, speghetti, cinnimon, put songs on your Ipot, water, mocoronni, toilet fully outside, restaurent, saladh…